Dans toute carrière publique, une fois que l’on a construit son personnage, et que le bruit qu’il fait revient à son auteur et lui enseigne qui il paraît - celui-ci joue son personnage - ou plutôt son personnage le joue, et ne le lâche plus.
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- Dépouillons l’écrivain du lustre que lui conserve encore la tradition et regardons-le dans la réalité de sa vie d’artisan d’idées et de praticien du langage écrit.
- Il existe un point précis dans la trajectoire d’un artiste. Le moment où sa propre voix commence à se faire entendre. La densité se propage en elle, comme du sang dans de l’eau.
- Le style est une qualité naturelle comme le son de la voix, il n’est nullement l’apanage des écrivains professionnels.
- Faire un capitaine d’un personnage qui n’auroit jamais bougé de dessus les livres en une estude.
- Les comédiens ont un langage singulier : ils se souviennent, improvisent, colorent leur mémoire, citent les formules oubliées, inventent même des phrases drôles, cruelles, qui se répètent et deviennent des citations.
- L’acteur est un artiste et non pas un critique. Son but n’est pas de faire comprendre un texte, mais de faire vivre un personnage.
- Je dis souvent aux interprètes de théâtre ou de cinéma : acteurs, auteurs, même combat. Avant d’entrer en scène, ils ont ce qu’ils appellent la boule. Certains deviennent glacés ou complètement moites. L’auteur, c’est exactement la même chose.
- Il incombe au théâtre de rendre ses personnages plus intelligibles à eux-mêmes, plus qu’ils ne le seraient dans la vie réelle. Ainsi deviennent-ils intelligibles pour le public.
- Le romancier, qu’il le veuille ou non, nous révèle le fond de son être, encore qu’il se couvre littéralement de personnages. En vain, il se servira «d’une réalité» comme d’un écran. C’est lui qui projette cette réalité, c’est surtout lui qui l’enchaîne.
- Quelle que soit la pièce qu’il joue, le style de jeu qu’il utilise, qu’il soit là pour faire rire, pleurer ou penser, la première et indispensable arme de l’acteur, c’est sa mémoire, la seconde, son corps, la troisième, sa voix.
- Le caractère, c’est la destinée », dit un vers d’Eschyle. Les êtres ne changent pas beaucoup. Mais ils peuvent faire un travail sur eux-mêmes. Les hommes de pouvoir peuvent améliorer leur comportement et leur manière de gouverner.
- Un personnage n’est pas un individu en mieux.
- Dans ce livre où il n’y a pas un seul fait qui ne soit fictif, où il n’y a pas un seul personnage «à clef», où tout a été inventé par moi selon les besoins de ma démonstration...
- Les nuances se graduèrent selon le sexe, selon l’âge, selon le caractère, nous dirons presque selon la position sociale des auditeurs.
- Je suis mi-tout. Je suis mi-révo, mi-réac, mi-con, mi-pas-con. C’est mon personnage, je m’en sers pour ouvrir ma gueule sur les planches comme dans la vie courante.