Dépouillons l’écrivain du lustre que lui conserve encore la tradition et regardons-le dans la réalité de sa vie d’artisan d’idées et de praticien du langage écrit.
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- Dans toute carrière publique, une fois que l’on a construit son personnage, et que le bruit qu’il fait revient à son auteur et lui enseigne qui il paraît - celui-ci joue son personnage - ou plutôt son personnage le joue, et ne le lâche plus.
- A peine je sors de mon lit, avant le jour, au petit jour, entre la lampe et le soleil, heure pure et profonde, j’ai coutume d’écrire ce qui s’invente de soi-même.
- La poésie est à la vie ce qu’est le feu au bois. Elle en émane et le transforme.
- Comme un bateau est le poète âgé Ainsi qu’un dahlia le poème étagé, dahlia ! Dhalia ! Que Dalila lia.
- Le jeune poète ne saurait être assez froid, assez réfléchi : l’usage authentique et mélodieux du langage exige toute l’attention d’un esprit vaste et calme.
- Je m’adresse aux instruits dans ler langage - leur libellé de notaire, que je me suis appliqué à utiliser tout au long de ces notes, pour me faire entendre d’eux.
- Villon se concevait sans doute comme un coquillard et un grand poète, non comme un génie réduit au cambriolage par les faiblesses de la monarchie.
- Flatter la veulerie, lécher les mous : voilà désormais tout ce qu’on attend de la culture écrite.
- Tout grand écrivain frappe la prose à son effigie.
- Le bon écrivain est un homme qui met toute sa vie à rédiger en bonne et due forme son testament.
- Lorsque la sculpture bavarde, je m’en détourne. Lorsque la musique décrit, je m’en détourne... Je veux que chacun des arts parle le langage qui lui est propre, au lieu de bégayer dans une langue étrangère.
- Pour savoir écrire il faut avoir lu, et pour savoir lire il faut savoir vivre : voilà ce que le prolétariat devra apprendre d’une seule opération, dans la lutte révolutionnaire.
- Etre écrivain, c’est sans doute combler les trous de sa propre vie avec l’étoffe rapiécée des destins qui nous dépassent.
- Mon travail consiste à interpréter. Je suis interprète. Je peux ajouter des éléments et apporter des qualités uniques au rôle auquel l’auteur n’a peut-être pas pensé, mais quelqu’un d’autre a créé l’idée fondamentale.
- Son érudition était immense : histoire civile et littéraire, ancienne et moderne, connaissance des livres et des auteurs, critique, philologie, tout était de son ressort.