Dans la contemplation, l’être rêvant apprend à s’animer de l’intérieur, il apprend à vivre le temps régulier, le temps sans élan et sans heurt. C’est le temps de la nuit.
Écrivain, 1884-1962Dans la contemplation, l’être rêvant apprend à s’animer de l’intérieur, il apprend à vivre le temps régulier, le temps sans élan et sans heurt. C’est le temps de la nuit.
Écrivain, 1884-1962Partager sur
Source secondaire
L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement (1943), partie III, chapitre VII. « Les Constellations », p. 235
Cette référence a été relevée par Wikiquote. Nous ne l’avons pas encore confrontée à l’édition imprimée.
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Ceux qui rêvent éveillés ont conscience de mille choses qui échappent à ceux qui ne rêvent qu’endormis.
Les rêves ont été créés pour qu’on ne s’ennuie pas pendant le sommeil.
Le premier regard est le moment fugitif qui abolit devant l’âme des chroniques du temps, qui révèle à l’œil les actions de la nuit et le travail de la conscience.
Le jour est éblouissant, la nuit appartient aux rêves et seuls les crépuscules sont clairvoyants pour les hommes. L’aube pour l’avenir, le couchant pour le passé.
Toujours la nuit excite l’imagination et enivre l’espoir du doux poison des rêves.
L’imaginaire est l’amant nocturne de la réalité.
Dans les ténèbres, l’imagination travaille plus activement qu’en pleine lumière.
Vivre, c’est se réveiller la nuit dans l’impatience du jour à venir, c’est s’émerveiller de ce que le miracle quotidien se reproduise pour nous une fois encore, c’est avoir des insomnies de joie.
C’est peut-être cela enseigner : en finir avec la pensée magique, faire en sorte que chaque cours sonne l’heure du réveil.
La nuit enregistre nos peurs et nous en délivre, le jour, par l’effet d’une amnésie bienfaitrice dont l’angoisse est le reste insécable.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.