Face au réel, ce qu’on croit savoir clairement offusque ce qu’on devrait savoir. Quand il se présente à la culture scientifique, l’esprit n’est jamais jeune. Il est même très vieux, car il a l’âge de ses préjugés.
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- Parce que le poète nous découvre une nuance fugitive, nous apprenons à imaginer toute nuance comme un changement. Seule l’imagination peut voir les nuances, elle les saisit au passage d’une couleur à une autre.
- Parce que c’est vrai, les commères, les curieuses, les fouineuses en ont toujours fait toute une histoire de votre différence d’âge.
- Est bien peu sage qui n’a que sa propre sagesse, et peu savant qui ne l’est que de sa science.
- Il y a toujours quelque chose en nous que l’âge ne mûrit pas.
- On me demande souvent à quoi ressemble la vie d’un chercheur, d’un mathématicien, de quoi est fait notre quotidien, comment s’écrit notre oeuvre. C’est à cette question que le présent ouvrage tente de répondre.
- La génération formée à l’école des notions scientifiques va à la rencontre de la plus forte déception qui soit : celle de la vanité du savoir.
- La clef de toutes les sciences est sans contredit le point d’interrogation; nous devons la plupart des grandes découvertes au comment ? Et la sagesse dans la vie consiste peut-être à se demander, à tout propos, pourquoi ?
- La science, il est vrai, ne progresse qu’en remplaçant partout le pourquoi par le comment; mais si reculé qu’il soit, un point reste toujours où les deux points d’interrogations se rejoignent et se confondent.
- L’aspect le plus triste de notre vie aujourd’hui est que la science acquière les connaissances plus vite que la société n’acquière la sagesse.
- Quand on vieillit, toutes les choses que l’on a pas vues dans sa jeunesse, on n’y croit pas. Les autres, on les comprend moins. Il ne reste que ce qui est vrai.
- Il est bon que, dans la jeunesse, on ait cet appétit de savoir, qui n’a que trop de tendances à se recroqueviller par la suite, quand on a compris que l’objet de la connaissance se sauve perpétuellement devant nous.
- Quand on est jeune il ne faut pas remettre à philosopher, et quand on est vieux il ne faut pas se lasser de philosopher car jamais il n’est trop tôt ou trop tard pour travailler à la santé de l’âme.
- Le bel âge après tout, c’est celui où l’on sait à quels rêves on tient le plus; celui où l’on peut encore en réaliser quelques-uns.
- Peut-être même que l’enfance, ça n’existe pas. Peut-être qu’à n’importe quel âge, on encaisse le monde comme il va et puis c’est tout. Et seulement certaines heures en s’écoulant font comme des marques noires qui vous construisent.
- Nous sommes dans un âge critique, c’est-à-dire un âge où coexistent nombre de choses incompatibles, dont les unes et les autres ne peuvent ni disparaître, ni l’emporter.