Nous sommes dans un âge critique, c’est-à-dire un âge où coexistent nombre de choses incompatibles, dont les unes et les autres ne peuvent ni disparaître, ni l’emporter.
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- Qui sait si toute notre culture n’est pas une hypertrophie, un écart, un développement insoutenable, qu’une ou deux centaines de siècles aura suffit à produire et à épuiser ?
- Il y a toujours quelque chose en nous que l’âge ne mûrit pas.
- Peut-être même que l’enfance, ça n’existe pas. Peut-être qu’à n’importe quel âge, on encaisse le monde comme il va et puis c’est tout. Et seulement certaines heures en s’écoulant font comme des marques noires qui vous construisent.
- Allons ! Encore quelques siècles, et on nous appellera le moyen âge. Il faut avouer que nous ne l’aurons pas volé.
- Les premières années de notre enfance sont si éloignées qu’on ne les additionne pas toujours aux nouvelles. On a l’âge de son coeur.
- L’âge est une question de foi, d’espérance, d’amour, une question de disponibilité; le temps ne marque pas les êtres constamment à l’affût de la vie.
- Le temps éclaircit bien des questions; mais que d’opinions deviennent problématiques avec l’âge ! La vieillesse est la mère du doute.
- D’ailleurs, les années ne font pas toujours l’âge. Cela dépend de la force et de la santé qu’on a.
- Malheureuse contrée, où les marques de génération sont ignominieuses, et où celles d’anéantissement sont honorables, comme s’il y avait quelque chose de plus glorieux que de donner la vie.
- La vieillesse, quant à l’ordre de l’existence terrestre, est un passé sans avenir. Elle représente trop vivement la condition humaine, pour que son aspect n’importune pas l’homme.
- Face au réel, ce qu’on croit savoir clairement offusque ce qu’on devrait savoir. Quand il se présente à la culture scientifique, l’esprit n’est jamais jeune. Il est même très vieux, car il a l’âge de ses préjugés.
- On peut tromper la vie longtemps, mais elle finit toujours par faire de nous ce pour quoi nous sommes faits. Tout vieillard est un aveu, allez, et si tant de vieillesses sont vides, c’est que tant d’hommes l’étaient et le cachaient.
- Les années s’écoulent et elles emportent nos forces et nous amènent les infirmités; elles nous ôtent pièce à pièce tous nos moyens de plaisir; elles nous laissent pour nourriture le passé qui est triste, et pour perspective l’avenir qui est court.
- Il faut avoir vécu des années dans le rien pour comprendre comment on peut être subitement effrayé par la possibilité.
- Un des grands malheurs de la vie moderne, c’est le manque d’imprévu, l’absence d’aventures. Tout est si bien réglé, si bien engrené, si bien étiqueté, que le hasard n’est plus possible.