Malheureuse contrée, où les marques de génération sont ignominieuses, et où celles d’anéantissement sont honorables, comme s’il y avait quelque chose de plus glorieux que de donner la vie.
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- Il y a des traits qu’on n’enlève pas aux gens, qu’ils portent sur eux toute leur vie, malgré la vieillesse, malgré la laideur, malgré les épreuves. Cela peut être la douceur. Ou l’enfance. Ou le malheur.
- Un des grands malheurs de la vie moderne, c’est le manque d’imprévu, l’absence d’aventures. Tout est si bien réglé, si bien engrené, si bien étiqueté, que le hasard n’est plus possible.
- La vie tumultueuse est agréable aux grands esprits; mais ceux qui sont médiocres n’y ont aucun plaisir, ils sont machines partout.
- Plus la vie est agréable et douce et enchanteresse, plus horrible est l’idée de la perdre. Et c’est ainsi que se corrompent les cultures et que viennent les décadences.
- La cinquantaine, c’est l’adolescence qui revient de l’autre côté de la vie adulte - le serre-livres correspondant - avec ses troubles de l’identité, ses mauvaises surprises physiques et la force qu’il faut pour s’en accommoder.
- On voit s’ériger des générations d’enfants qui faute d’un éveil à la vie sont réduits à n’être que des consommateurs insatiables, blasés et tristes.
- Il y a deux moments de sa vie où tout homme est respectable : son enfance et son agonie.
- La folie nous suit dans tous les temps de la vie. Si quelqu’un paraît sage, c’est seulement parce que ses folies sont proportionnées à son âge et à sa fortune.
- La vie n’a que faire des pauvres individus que nous sommes, tant que nous en produisons d’autres, semblables ou, mieux, différents.
- Il y a quelque chose de puéril dans la mélancolie, on veut punir la vie parce qu’on estime qu’elle nous a punis, on est comme ces enfants qui boudent et bientôt ne savent plus sortir de leur bouderie.
- On ne veut point perdre la vie, et on veut acquérir de la gloire; ce qui fait que les braves ont plus d’adresse et d’esprit pour éviter la mort que les gens de chicane n’en ont pour conserver leur bien.
- Quand on pense à des choses de ce genre : le mariage, la guerre, la prison, les estropiés nés, les tordus, les contrefaits, les idiots, les fous, les syphilitiques, on sent le prix du bonheur d’y avoir échappé - jusqu’ici, du moins.
- On ne naît pas tous fragiles, dans la plupart des cas la vie se charge bien assez comme ça de nous torpiller.
- Quand vous placez la probité et l’honneur au premier rang de vos valeurs et que vous avez pris place à bord du train cinglé de l’histoire à compartiment second classe, la vie n’a rien d’une partie de plaisir.
- De même la vie dépose sur le visage des individus, couche après couche, les rides successives de l’expérience où il est absolument impossible de discriminer la part du rire et celle des larmes. Déjections de l’expérience sur la sables de la vie...