Biographie courte et informations sur François de La Rochefoucauld
Né à Paris le 15 septembre 1613, François VI de La Rochefoucauld grandit dans une famille noble influente. Dès son adolescence, il s'engage militairement, prenant part à la guerre de Trente Ans puis à la Fronde, où ses loyautés oscillent entre ambition et désillusion. Marié à Andrée de Vivonne, il combat aussi les intrigues politiques de son temps, ce qui lui vaut d’être emprisonné. Retiré dans son château de Verteuil, il rédige des Maximes célèbres, pleines de lucidité et de scepticisme sur la nature humaine. Il fréquente les salons littéraires et s’entoure d’amitiés notables, notamment avec la marquise de La Fayette. Il s’éteint à Paris le 17 mars 1680.
- Dans la vieillesse de l’amour comme dans celle de l’âge on vit encore pour les maux, mais on ne vit plus pour les plaisirs.
- L’amitié est un commerce que l’amour-propre suggère toujours.
- La clémence des princes n’est souvent qu’une politesse pour gagner l’affection des peuples.
- Quand nous aimons trop, il est malaisé de reconnaître si l’on cesse de nous aimer.
- Nul ne mérite d’être loué de bonté s’il n’a pas la force d’être méchant.
- L’amour est la seule passion qui ne souffre ni passé ni avenir.
- On est presque également difficile à contenter quand on a beaucoup d’amour, et quand on n’en a plus guère.
- Le bonheur est toujours à la portée de celui qui sait le goûter.
- On est jamais aussi heureux ni aussi malheureux qu’on se l’imagine.
- Qui vit sans folie n’est pas si sage qu’il le croit.
- Il faut de grandes qualités pour supporter la bonne fortune.
- L’enfer des femmes, c’est la vieillesse.
- Il est presque toujours en notre pouvoir de rétablir notre réputation.
- Il faut gouverner la fortune comme la santé : en jouir quand elle est bonne, prendre patience quand elle est mauvaise.
- Le remède de la jalousie est la certitude de ce qu’on craint, parce qu’elle cause la fin de la vie ou la fin de l’amour.
- Le trop grand empressement qu’on a de s’acquitter d’une obligation est une espèce d’ingratitude.
- L’homme est conduit, lorsqu’il croit se conduire, et pendant que par son esprit il vise à un endroit, son coeur l’achemine insensiblement à un autre.
- Le plus grand effort de l’amitié n’est pas de montrer nos défauts à un ami, c’est de lui faire voir les siens.
- La bonne grâce est au corps ce que le bon sens est à l’esprit.
- Ce qui fait que les amants et les maîtresses ne s’ennuient point d’être ensemble, c’est qu’ils parlent toujours d’eux-mêmes.
- La sincérité est une ouverture de coeur. On la trouve en fort peu de gens, et celle que l’on voit d’ordinaire n’est qu’une fine dissimulation pour attirer la confiance des autres.
- On ne trouve guère d’ingrats tant qu’on est en mesure de faire du bien.
- Presque tout le monde prend plaisir à s’acquitter des petites obligations; beaucoup de gens ont de la reconnaissance pour les médiocres; mais il n’y a quasi personne qui n’ait de l’ingratitude pour les grandes.
- La reconnaissance de la plupart des hommes n’est qu’une secrète envie de recevoir de plus grands bienfaits.
- Il semble que la nature, qui a si sagement disposé les organes de notre corps pour nous rendre heureux, nous ait aussi donné l’orgueil pour nous épargner la douleur de connaître nos imperfections.
- Notre repentir n’est pas tant un regret du mal que nous avons fait, qu’une crainte de celui qui nous en peut arriver.
- La plupart des amis dégoûtent de l’amitié, et la plupart des dévots dégoûtent de la dévotion.
- Il n’y a point de déguisement qui puisse longtemps cacher l’amour où il est, ni le feindre où il n’est pas.
- Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder fixement.
- On ne peut répondre de son courage quand on n’a pas été dans le péril.
- La jalousie est en quelque manière juste et raisonnable, puisqu’elle ne tend qu’à conserver un bien qui nous appartient, ou que nous croyons nous appartenir; au lieu que l’envie est une fureur qui ne peut souffrir le bien des autres.
- Nous ne pouvons rien aimer que par rapport à nous, et nous ne faisons que suivre notre goût et notre plaisir quand nous préférons nos amis à nous-mêmes; c’est néanmoins par cette préférence seule que l’amitié peut être parfaite.
- Notre sagesse n’est pas moins à la merci de la fortune que nos biens.
- Ce que les hommes ont nommé amitié n’est qu’une société, qu’un ménagement réciproque d’intérêts, et qu’un échange de bons offices; ce n’est enfin qu’un commerce où l’amour-propre se propose toujours quelque chose à gagner.
- L’humilité est la véritable preuve des vertus chrétiennes : sans elle, nous conservons tous nos défauts, et ils sont seulement couverts par l’orgueil, qui les cache aux autres, et souvent à nous-mêmes.
- La constance en amour est une inconstance perpétuelle.
- L’envie est détruite par la véritable amitié, et la coquetterie par le véritable amour.
- Il n’est pas moins nécessaire de penser au salut des âmes qu’au traitement des corps.
- Il est plus aisé d’être sage pour les autres que de l’être pour soi-même.
- La jalousie se nourrit dans les doutes, et elle devient fureur, ou elle finit, sitôt qu’on passe du doute à la certitude.