Notre repentir n’est pas tant un regret du mal que nous avons fait, qu’une crainte de celui qui nous en peut arriver.
Écrivain, 1613-1680 Image : Théodore Chassériau, Domaine public, Wikimedia Commons Notre repentir n’est pas tant un regret du mal que nous avons fait, qu’une crainte de celui qui nous en peut arriver.
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Source vérifiée
Réflexions ou sentences et maximes morales (1678), maxime 180
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Nous nous donnons bien du mal pour fabriquer nos regrets et nos craintes.
Il suffit d’inspirer le regret d’un tort, sans toujours exiger son aveu.
Le regret, ce n’est qu’une forme de civilité qui assure d’être pardonné, mais au moment de l’action, c’est une lâcheté. Et ça ne change rien aux faits.
Peut-être est-ce un juste châtiment, pour ceux qui se sont montrés cruels, de ne prendre conscience de leurs torts que lorsqu’il est impossible de revenir en arrière.
Cette tristesse, que nos fautes nous causent, a un nom particulier, et s’appelle repentir.
Un pardon sans oubli est une vengeance sournoise.
Il n’y a point de plus haute vengeance que l’oubli.
La morale, c’est ce qui reste de la peur quand on l’a oubliée.
On doit se consoler de ses fautes quand on a la force de les avouer.
On ne devrait avoir peur de rien d’autre que des choses qui ont le pouvoir de nous faire du mal, mais il ne faut pas craindre les choses anodines.

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