La clémence des princes n’est souvent qu’une politique pour gagner l’affection des peuples
Écrivain, 1613-1680 Image : Théodore Chassériau, Domaine public, Wikimedia Commons La clémence des princes n’est souvent qu’une politique pour gagner l’affection des peuples
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Réflexions ou sentences et maximes morales (1678), maxime 15
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Les princes ont un singulier penchant à accorder à ceux qui demandent, à employer ceux qui se présentent, et à croire des talents à ceux qui s’en donnent.
La puissance qui vient de l’amour des peuples est sans doute la plus grande ; mais elle est précaire et conditionnelle, jamais les Princes ne s’en contenteront.
Il faut être prince pour comprendre le peuple, et il faut appartenir au peuple pour comprendre les princes.
L’art d’un prince consiste à faire le bien personnellement et le mal par un second.
Aussi est-il nécessaire au Prince qui se veut conserver qu’il apprenne à pouvoir n’être pas bon…
Le prince habile dans l’art de gouverner les hommes se sert de leurs défauts pour réprimer leurs vices.
Quand un prince manque d’un Homère, c’est qu’il n’est pas digne d’en avoir un…
La politique fait entre les princes ce que les tribunaux de la justice font entre les particuliers : plusieurs faibles, ligués contre un puissant, lui imposent la nécessité de modérer son ambition et ses violences.
Les exemples vivants sont d’un autre pouvoir ;
Un prince dans un livre apprend mal son devoir.
Les aises de la vie, l’abondance, le calme d’une grande prospérité, font que les princes ont de la joie de reste pour rire d’un nain, d’un singe, d’un imbécile et d’un mauvais conte.

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