L’homme croit souvent se conduire lorsqu’il est conduit et pendant que par son esprit il tend à un but, son cœur l’entraîne insensiblement à un autre.
Écrivain, 1613-1680 Image : Théodore Chassériau, Domaine public, Wikimedia Commons L’homme croit souvent se conduire lorsqu’il est conduit et pendant que par son esprit il tend à un but, son cœur l’entraîne insensiblement à un autre.
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Réflexions ou sentences et maximes morales (1678), maxime 43
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Mais l’homme se déprave dès qu’il a dans le cœur une seule pensée qu’il est constamment forcé de dissimuler.
On use son cœur à force d’y concentrer sa vie.
Ce que nous appelons mouvements du cœur. N’est que le bousculement irraisonnable de nos pensées.
Le cœur, quand il aime, a son intelligence propre, il sait ce qu’il veut et devine ce qui va se passer.
La vie à deux use le cœur d’un homme.
Ce qu’un homme pense de lui-même, voilà ce qui règle ou plutôt indique son destin.
La réflexion accroît la force de l’homme.
Dans la vie courante, dans ses relations avec ses pareils, l’homme doit se servir de sa raison, mais il commettra moins d’erreurs s’il écoute son cœur.
Le cœur de l’homme est comme un oiseau de nuit. Il reste calmement dans l’attente de quelque chose, et, le moment venu, il s’envole droit vers sa destination.
À sa pensée vacillante, mobile, difficile à contenir, difficile à maîtriser, l’homme intelligent impose la même rectitude qu’un faiseur de flèches à une flèche.

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