Il y a quelque chose de puéril dans la mélancolie, on veut punir la vie parce qu’on estime qu’elle nous a punis, on est comme ces enfants qui boudent et bientôt ne savent plus sortir de leur bouderie.
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- La vie réussit à nous trouver quand plus personne ne sait où nous sommes, pas même nous. Si loin que nous soyons, elle se fraye un passage. Si grande soit notre volonté de l’éviter, de la fuir dans un travail, dans un devoir, dans un sérieux - elle arrive, têtue, se moquant gentiment de nous, de la naïveté de nos projets, de la sagesse de nos calendriers.
- La vie me bouleverse comme un papier de soie si fin qu’un regard trop pesant parvient à déchirer. La vie me comble d’être aussi parfaitement menacée. Le déchirement me donne joie et rire.
- La vie punit celui qui arrive trop tard.
- La peine de mort est une peine immorale, ou du moins inutile, parce qu’elle habitue le peuple au spectacle des supplices, et parce qu’elle ne répare rien; car malheureusement la mort du meurtrier ne rend point la vie à la victime.
- L’enfance, c’est fait pour gâcher la vie des adultes.
- L’existence n’est qu’un éternel tribunal nous condamnant à la pénible sentence du supplice inextinguible, immuable et impérissable qu’est la vie.
- Mais enfin l’on condamnait et châtiait quelques rares individus, tandis que nous, la génération suivante, nous nous renfermions dans le silence et l’horreur, de la honte et de la culpabilité : et voilà, c’était tout ?
- La perspective d’un châtiment modéré, mais auquel on est sûr de ne pouvoir échapper, fera toujours une impression plus vive que la crainte vague d’un supplice terrible, dont l’espoir de l’impunité anéantit presque toute l’horreur.
- Donner la vie, ce poison ! En faire venir d’autres en ce monde, cette galère ! Qu’il faut être cynique, méchant ou stupide !
- La vie humaine ne cesse de rétrécir comme une peau de chagrin, évincée par les commentaires qu’on fait sur elle.
- Le pouvoir qu’a un enfant inconscient de rejeter. De survivre. C’est ainsi qu’une génération en enfonce une autre dans la terre. La réduit en os, en poussière. L’enfouit dans l’oubli. Avec un sourire cruel.
- Il faut mourir pour savoir ce que c’est que des enfants. Ah ! Mon ami, ne vous mariez pas, n’ayez pas d’enfants ! Vous leur donnez la vie, ils vous donnent la mort. Vous les faites entrer dans le monde, ils vous en chassent.
- C’est ce qu’il y a de si tragique, chez plein de gens : ils oublient que la vie est quelque chose de très malléable, de très flexible; qu’au fond, c’est nous-mêmes qui choisissons nos limites et nos horizons.
- La plupart de nos professeurs sont des créatures minables, qui semblent s’être donné pour tâche de barricader la vie de leurs élèves et de la transformer, finalement et définitivement, en une épouvantable déprime.
- Quand on a donné la vie à un enfant, on est devant lui comme un débiteur devant son créancier.