C’est ce qu’il y a de si tragique, chez plein de gens : ils oublient que la vie est quelque chose de très malléable, de très flexible ; qu’au fond, c’est nous-mêmes qui choisissons nos limites et nos horizons.

C’est ce qu’il y a de si tragique, chez plein de gens : ils oublient que la vie est quelque chose de très malléable, de très flexible ; qu’au fond, c’est nous-mêmes qui choisissons nos limites et nos horizons.

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Je suppose que c’est bel et bien une tragédie, parfois, de se sentir obligé d’être celui qu’on est.
La vie humaine ne cesse de rétrécir comme une peau de chagrin, évincée par les commentaires qu’on fait sur elle.
O misère de nous ! Notre vie est si vaine qu’elle n’est qu’un reflet de notre mémoire.
La vie se passe à désirer ce qu’on n’a pas, à regretter ce qu’on n’a plus.
Le tragique de la vie, c’est que nous ne savons guère tirer parti des instants favorables.
La vie n’est qu’une longue perte de tout ce qu’on aime. On laisse derrière soi une traînée de douleurs. Le destin nous ahurit par une prolixité de souffrances insupportables. Après cela, on s’étonne que les vieilles gens rabâchent.
Poussée à de certaines limites, la vie se passe derrière la porte du silence. L’aventure trop forte nous saisit, nous submerge, nous transforme, s’accomplit si intimement, si totalement en nous, qu’elle se met à exister à notre place, nous dispensant de toute parole, de toute plainte.
Le monde est généralement conduit par des sots qui ne comprennent pas grand-chose à la vie et aux hommes, qui prennent des décisions à tâtons, moyennant quoi tout va cahin-caha, ponctué, si l’on peut dire, de catastrophes « moyennes ».
Le tragique de la vie, c’est d’être ordinaire.
L’humanité projette inconsciemment son désir de survivre dans la chimère des choses jamais connues, mais cette chimère ressemble à la mort.

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