Poussée à de certaines limites, la vie se passe derrière la porte du silence. L’aventure trop forte nous saisit, nous submerge, nous transforme, s’accomplit si intimement, si totalement en nous, qu’elle se met à exister à notre place, nous dispensant de toute parole, de toute plainte.
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- Nous avons beau nous mettre en route vers le monde, sur le chemin de la vie, arrive toujours un moment, une station de notre voyage, où nous sommes ramenés à cette question : mais de quoi sommes-nous la faute ?
- La vie réussit à nous trouver quand plus personne ne sait où nous sommes, pas même nous. Si loin que nous soyons, elle se fraye un passage. Si grande soit notre volonté de l’éviter, de la fuir dans un travail, dans un devoir, dans un sérieux - elle arrive, têtue, se moquant gentiment de nous, de la naïveté de nos projets, de la sagesse de nos calendriers.
- La vie, alors c’est soi, soi-même, soi seul. On trouve en soi les limites de son propre territoire; toute la raison d’être, d’exister, réside là, uniquement là.
- Si la vie apporte des déboires, on s’en console, car la vraie vie est ailleurs, non pas dans la vie même, ni après, mais au dehors, si un terme qui tire son origine de l’espace a un sens en un monde qui en est affranchi.
- Nous devons traverser la vie si discrètement que le destin ne nous remarque pas.
- La vie est un voyage, vous ne croyez pas ? On se met en route et, finalement, on arrive au bout, certains plus tôt que d’autres. Et, en chemin, on rencontre d’autres voyageurs, on connaît de petites aventures, des difficultés et des triomphes.
- Rien n’est droit dans l’existence. La vie ressemble à un immense terrain accidenté, parsemé d’obstacles, de virages et de détours, une sorte de labyrinthe bourré de pièges dans lequel la ligne droite n’existe pas.
- Si l’on avance avec confiance dans la direction de ses rêves, si l’on essaie de vivre la vie qu’on a imaginée, on sera payé d’un succès inattendu en temps ordinaire. On laissera certaines choses en arrière, on franchira une frontière invisible.
- L’attachement à soi augmente l’opacité de la vie. Un moment de vrai oubli, et tous les écrans les uns derrière les autres deviennent transparents, de sorte qu’on voit la clarté jusqu’au fond; et du même coup plus rien ne pèse.
- Une vie humaine paraît presque toujours incomplète. Elle est comme un fragment isolé dans un long message dont elle ne nous livre qu’une faible partie, souvent indéchiffrable.
- C’est là, dans le va-et-vient des jours et le fouillis des non-dits, que la vie perd le sens des choses profondes et se réfugie dans le superficiel et le faux-semblant.
- Quelquefois dans la vie il faut que l’on s’égare.
- Nous nous accoutumons à la manière dont les choses se présentent, à l’aspect quotidien de la vie et une sorte de poussière, ou de voile, obscurcit notre vision, et la véritable nature miraculeuse de la vie sur Terre nous échappe.