Nous nous accoutumons à la manière dont les choses se présentent, à l’aspect quotidien de la vie et une sorte de poussière, ou de voile, obscurcit notre vision, et la véritable nature miraculeuse de la vie sur Terre nous échappe.
ÉcrivainNous nous accoutumons à la manière dont les choses se présentent, à l’aspect quotidien de la vie et une sorte de poussière, ou de voile, obscurcit notre vision, et la véritable nature miraculeuse de la vie sur Terre nous échappe.
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Joseph Anton une autobiographie
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C’est là, dans le va-et-vient des jours et le fouillis des non-dits, que la vie perd le sens des choses profondes et se réfugie dans le superficiel et le faux-semblant.
Nous ne sommes que prétexte dans le paysage au passage de la vie et de l’ailleurs.
Certaines choses sont trop pénibles pour être appréhendées sur le coup. Ce n’est que plus tard, dans la solitude, le souvenir, que pointe la compréhension ; quand les cendres sont froides, qu’on regarde autour de soi pour se retrouver dans un monde entièrement différent.
Nos vies sont des cercles. Des cercles avec des évolutions illusoires, des tentatives de nous faire croire que le but n’est pas le point de départ. Alors qu’il est évident que nous nous dirigeons vers l’origine, la poussière.
La vie réussit à nous trouver quand plus personne ne sait où nous sommes, pas même nous. Si loin que nous soyons, elle se fraye un passage. Si grande soit notre volonté de l’éviter, de la fuir dans un travail, dans un devoir, dans un sérieux – elle arrive, têtue, se moquant gentiment de nous, de la naïveté de nos projets, de la sagesse de nos calendriers.
Nous sommes un peu comme des éponges qui aspirons la vie sans le savoir et qui la rendons ensuite, transformée, sans connaître le travail d’alchimie qui s’est produit en nous.
La vie, parfois, est belle, mais que de fois cherche-t-elle à nous écraser.
Peu de choses dans ma vie m’ont effectivement passionné davantage que l’aspect pénal de notre monde. Si nous considérons cet aspect pénal de notre monde, c’est-à-dire de notre société, nous avons, comme on dit, de quoi nous étonner chaque jour.
Comme le crépuscule est beau, on peut se défaire de la méfiance, de la prudence, s’abandonner à l’instant qui ressemble pour une fois à l’idée qu’on se faisait de la vie.
Au fond, au fond même de la vie, qui nous séduit tous, il n’y a que de l’absurdité, et encore de l’absurdité. Et c’est peut-être cela qui nous donne notre joie de vivre, car la seule chose qui peut vaincre l’absurde, c’est la lucidité.

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