Nos vies sont des cercles. Des cercles avec des évolutions illusoires, des tentatives de nous faire croire que le but n’est pas le point de départ. Alors qu’il est évident que nous nous dirigeons vers l’origine, la poussière.
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- Pourquoi sommes-nous autant marqués par un détail, un geste, qui font de ces instants minimes le coeur d’une époque ?
- La vie est une machine à explorer notre insensibilité.
- Il faut avoir vécu des années dans le rien pour comprendre comment on peut être subitement effrayé par la possibilité.
- L’inquiétude, où s’inscrit l’intolérable décalage entre la réalité et la vie rêvée, cherche sur les quais de départ, dans des amours impossibles, au bistrot, la route des grandes évasions. Mais cette âme entraînée est une âme qui rebondit.
- Si l’on avance avec confiance dans la direction de ses rêves, si l’on essaie de vivre la vie qu’on a imaginée, on sera payé d’un succès inattendu en temps ordinaire. On laissera certaines choses en arrière, on franchira une frontière invisible.
- Nous sommes un peu comme des éponges qui aspirons la vie sans le savoir et qui la rendons ensuite, transformée, sans connaître le travail d’alchimie qui s’est produit en nous.
- Vivre nous fait beaucoup progresser, pour peu que nous nous comportions comme des humains, pas comme des robots consommateurs, pour peu que nous soyons ouverts, curieux, flexibles et humbles.
- La vie réussit à nous trouver quand plus personne ne sait où nous sommes, pas même nous. Si loin que nous soyons, elle se fraye un passage. Si grande soit notre volonté de l’éviter, de la fuir dans un travail, dans un devoir, dans un sérieux - elle arrive, têtue, se moquant gentiment de nous, de la naïveté de nos projets, de la sagesse de nos calendriers.
- On s’acharne pendant des années à imiter ce qui est, et on arrive à peine, par cette copie immobile et muette des actes de la vie, à faire comprendre aux yeux exercés ce qu’on a voulu tenter.
- Nous travaillons, travaillons, travaillons et nous courons, courons, courons. Il nous arrive de nous dire, essouflés : Dieu que la vie passe vite. Mais ce n’est pas du tout ça : la vie est immobile, c’est nous qui sommes à la course.
- La terre est remplie de signes qu’il faut apprendre à déchiffrer. Le premier de ces signes, c’est notre propre corps qui reproduit le corps même du monde, et c’est de lui que viennent d’abord les révélations de l’être.
- Nous ne sommes que prétexte dans le paysage au passage de la vie et de l’ailleurs.
- Si la vie apporte des déboires, on s’en console, car la vraie vie est ailleurs, non pas dans la vie même, ni après, mais au dehors, si un terme qui tire son origine de l’espace a un sens en un monde qui en est affranchi.
- Rien n’est droit dans l’existence. La vie ressemble à un immense terrain accidenté, parsemé d’obstacles, de virages et de détours, une sorte de labyrinthe bourré de pièges dans lequel la ligne droite n’existe pas.
- Nous avons beau nous mettre en route vers le monde, sur le chemin de la vie, arrive toujours un moment, une station de notre voyage, où nous sommes ramenés à cette question : mais de quoi sommes-nous la faute ?