Biographie courte et informations sur Guy de Maupassant
Né le 5 août 1850 au château de Miromesnil, Guy de Maupassant grandit entre mer et campagne, nourrissant dès l’enfance un amour pour la nature. Il s’installe à Paris après la guerre franco-prussienne, où il travaille dans l’administration tout en écrivant. Disciple de Gustave Flaubert, il publie romans et nouvelles entre 1880 et 1890, explorant le réalisme teinté de fantastique avec un style maîtrisé et souvent pessimiste. Atteint par la syphilis, il sombre dans la folie et s’éteint le 6 juillet 1893 à Paris, à 42 ans.
- La femme ne travaille point ses termes : c’est l’émotion directe qui les jette à son esprit; elle ne fouille pas les dictionnaires. Quand elle sent très fort, elle exprime très juste, sans peine et sans recherche, dans la sincérité mobile de sa nature.
- N’est-ce pas dans l’eau stagnante et fangeuse, dans la lourde humidité des terres mouillées sous la chaleur du soleil, que remua, que vibra, que s’ouvrit au jour le premier germe de vie ?
- On peut aimer une amie autant que sa femme, la passion n’a pas de loi.
- Entrainée vers lui par son coeur qui était vierge, et par son âme qui était vide, la chair conquise par la lente domination des caresses, elle s’attacha peu à peu comme s’attachent les femmes tendres, qui aiment pour la première fois.
- Tous ces gens-là, voyez-vous, sont des médiocres, parce qu’ils ont l’esprit entre deux murs, l’argent et la politique.
- Le but du roman serait donc de nous forcer à penser, à comprendre le sens profond et caché des événements.
- Jusqu’ici, dès qu’une femme lui avait plu, le désir l’avait aussitôt envahi, lui faisant tendre les mains vers elle, comme pour cueillir un fruit, sans que sa pensée intime eût été jamais profondément troublée par son absence ou par sa présence.
- C’est l’endroit artificiel et charmant où les gens de ville vont contempler des fleurs élevées en des serres, et admirer, comme on admire au théâtre le spectacle de la vie.
- Le talent provient de l’originalité, qui est une manière spéciale de penser, de voir, de comprendre et de juger.
- Une averse de soleil tombait sur ce désert blanc, éclatant et glacé.
- Depuis trois mois, il l’enveloppait dans l’irrésistible filet de sa tendresse. Il la séduisait, la captivait, la conquérait. Il s’était fait aimer par elle comme il savait se faire aimer. Il avait cueilli sans peine son âme légère de poupée.
- Ceux qui dirigent le peuple sont aussi des sots : mais au lieu d’obéir à des hommes, ils obéissent à des principes, lesquels ne peuvent être que niais, stériles et faux, par cela même qu’ils sont des principes, c’est-à-dire des idées réputées certaines et immuables, en ce monde où l’on n’est sûr de rien, puisque la lumière est une illusion, puisque le bruit est une illusion.
- La vie est une côte. Tant qu’on monte on se sent heureux; mais, lorsqu’on arrive en haut, on aperçoit tout d’un coup la descente, et la fin, qui est la mort. Ca va lentement quand on monte, et très vite quand on descend.
- L’être moral de chacun de nous reste éternellement seul par la vie.
- L’homme qui aime normalement sous le soleil, adore frénétiquement sous la lune.
- Toute réunion d’hommes m’est odieuse. Un bal me donne de la tristesse pour huit jours. Je n’ai jamais vu une course de chevaux, ni même une revue, ni une Fête Nationale. J’ai horreur de tout ce qui est fade, timoré, inexpressif.
- Mais sait-on quels sont les sages et quels sont les fous, dans cette vie où la raison devrait souvent s’appeler sottise et la folie s’appeler génie ?
- Le baiser frappe comme la foudre, l’amour passe comme un orage, puis la vie, de nouveau, se calme comme le ciel, et recommence ainsi qu’avant. Se souvient-on d’un nuage ?
- La conquête des femmes est la seule aventure exaltante dans la vie d’un homme.
- Le voyage est une espèce de porte par où l’on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve.
- On s’acharne pendant des années à imiter ce qui est, et on arrive à peine, par cette copie immobile et muette des actes de la vie, à faire comprendre aux yeux exercés ce qu’on a voulu tenter.
- On aime sa mère presque sans le savoir, et on ne s’aperçoit de toute la profondeur des racines de cet amour qu’au moment de la séparation dernière.
- Le suicide, mais c’est la force de ceux qui n’en ont plus, c’est l’espoir de ceux qui ne croient plus, c’est le sublime courage des vaincus.
- Ils s’étaient juré, les mains dans les mains, de détourner de ce qu’on appelle le droit chemin toutes les femmes qu’ils pourraient, de préférence celle des amis, de préférence encore celle des amis les plus intimes.
- Il demeurait immobile, abruti d’étonnement et de souffrance...
- Je suis même certain qu’une femme n’est mûre pour l’amour vrai qu’après avoir passé par toutes les promiscuités et tous les dégoûts du mariage qui n’est, suivant un homme illustre, qu’un échange de mauvaise humeur pendant le jour, et de mauvaises odeurs pendant la nuit.
- Est-ce assez que d’aimer si on ne sait pas mettre dans l’amour toute la poésie et toute la musique du ciel et de la terre.
- Le mariage n’est qu’un échange de mauvaise humeur pendant le jour, et de mauvaises odeurs pendant la nuit.
- Elle avait des attentions, des petits soins, des délicatesses pour moi, et même une certaine tendresse brusque qui ne me déplaisait point.
- La vie, voyez-vous, ça n’est jamais si bon ni si mauvais qu’on le croit.
- La ville arabe d’Alger est pleine d’agitation nocturne. Dès que le soir vient, tunis est mort. Les petites rues étroites, tortueuses, inégales, semblent les couloirs d’une cité abandonnée, dont on a oublié d’éteindre le gaz, par places.
- D’où viennent ces influences mystérieuses qui changent en découragement notre bonheur et notre confiance en détresse ?
- J’aime la nuit avec passion. Je l’aime comme on aime son pays ou sa maîtresse, d’un amour instinctif, profond, invincible.
- Plus tourmentée encore que nous par cet éternel besoin d’amour qui ronge notre coeur solitaire, la femme est le grand mensonge du Rêve.
- L’Amour est fait de finesses, d’imperceptibles sensations. Nous savons qu’il est fort comme la Mort; mais il est aussi fragile que le verre. Le moindre choc le brise et notre domination s’écroule alors, sans que nous puissions la rééditer.
- Je range l’amour parmi les religions, et les religions parmi les plus grandes bêtises où soit tombée l’humanité.
- Alors commença l’intimité enfantine et charmante des niaiseries d’amour, des petits mots bêtes et délicieux, le baptême avec des noms mignards de tous les détours et contours et replis de leurs corps où se plaisaient leurs bouches.
- Mais cet amour est devenu quelque chose d’irrésistible, de destructeur, de plus fort que la mort.
- Une femme ne peut aimer passionnément qu’après avoir été mariée. Si je la pouvais comparer à une maison, je dirais qu’elle n’est habitable que lorsqu’un mari a essuyé les plâtres.