On peut aimer une amie autant que sa femme, la passion n’a pas de loi.
Écrivain, 1850-1893On peut aimer une amie autant que sa femme, la passion n’a pas de loi.
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Source vérifiée
La Maison Tellier (1881), Les Tombales
—On peut aimer une amie autant que sa femme, la passion n’a pas de loi.
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N’a pas de saveur ce que l’amant prend de force à l’autre amant.
Il est malheureusement bien vrai que, sans le loisir et l’argent, l’amour ne peut être qu’une orgie de roturier ou l’accomplissement d’un devoir conjugal.
Un bon mariage, s’il en est, refuse la compagnie et conditions de l’amour, il tâche à représenter celles de l’amitié.
Vous me direz que ce n’est pas très bien d’être l’amant de la femme de son ami. Oh ! Certes ! Mais comme c’est plus commode que d’être l’amant de la femme d’un inconnu ! Et comme ça évite des dérangements !
Un homme n’est pas coupable d’aimer la femme d’autrui, s’il tient cette passion malheureuse asservie à la loi du devoir ; il est coupable d’aimer sa propre femme au point d’immoler tout à son amour.
Il n’y a rien de tel au monde que l’amour d’une femme mariée. C’est une chose dont aucun mari ne se rendra jamais compte.
L’amour s’éteint par le bien qu’il souhaite,
L’amant alors se comporte en époux.
Ne saurait-on établir le contraire
Et renverser cette maudite loi ?
O éternel malheur de l’amour ! Ne pouvoir être aimé de la femme qu’on aime !
Epouser une femme par amour, c’est trop souvent une folie romanesque, un tort de l’esprit ; mais l’épouser pour la fortune, c’est un manque de délicatesse, c’est une flétrissure du cœur.
L’allégation du mariage n’est pas excuse légitime contre l’amour.

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