L’allégation du mariage n’est pas excuse légitime contre l’amour.
Romancier, 1783-1842 Image : Olof Johan Södermark, Domaine public, Wikimedia Commons L’allégation du mariage n’est pas excuse légitime contre l’amour.
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Source vérifiée
Stendhal - De l’amour, II, 1927, éd. Martineau (1822), Des cours
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Ne contracte pas de mariage furtif et scandaleux ; ne te livre pas à des amours infâmes.
Les liens du mariage n’empêchent pas les vies décousues.
L’amour est gâché non seulement par le mariage, mais par la seule possibilité du mariage. Le spectre du mariage, agitant ses chaînes – les chaînes du mariage, il va sans dire ! – empoisonne tout amour avec une jeune fille.
Il n’y a rien de tel au monde que l’amour d’une femme mariée. C’est une chose dont aucun mari ne se rendra jamais compte.
L’amour seul est désintéressé, tandis que le mariage ne l’est jamais.
L’amour s’éteint par le bien qu’il souhaite,
L’amant alors se comporte en époux.
Ne saurait-on établir le contraire
Et renverser cette maudite loi ?
Il est malheureusement bien vrai que, sans le loisir et l’argent, l’amour ne peut être qu’une orgie de roturier ou l’accomplissement d’un devoir conjugal.
S’aimer toujours, pour nombre de couples, ne signifie pas, pour autant, s’aimer à jamais.
Hélas ! Il faut avoir expérimenté la vie pour savoir que le mariage exclut la passion, que la famille ne saurait avoir les orages de l’amour pour base.
Ne dit-on pas que le mariage est le tombeau de l’amour, qu’il peut y avoir des mariages agréables, mais qu’il n’en est aucun de délicieux ?

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