Un bon mariage, s’il en est, refuse la compagnie et conditions de l’amour, il tâche à représenter celles de l’amitié.
Philosophe, 1533-1592 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Un bon mariage, s’il en est, refuse la compagnie et conditions de l’amour, il tâche à représenter celles de l’amitié.
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Les essais de Montaigne
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Il n’y a pas de plus adorable, tendre et charmante relation que celle d’un bon mariage.
Le mariage n’est-il pas avant tout « une longue conversation » ? Le meilleur ami, ou la meilleure amie, c’est l’amour sans souffrance, sans manque, c’est la complicité sexuelle sans la douloureuse fusion.
L’allégation du mariage n’est pas excuse légitime contre l’amour.
Mais combien peu sont capables d’un mariage véritable, et combien peu aussi peuvent supporter la solitude. Il y a des liaisons de toutes espèces. Le mariage est une liaison éternelle.
Le mariage peut accepter et même parfois s’enrichir de ce qui, pour l’amour, est une souffrance qu’il tolère mal.
L’amour est la robe de mariée de l’amitié.
Hélas ! Il faut avoir expérimenté la vie pour savoir que le mariage exclut la passion, que la famille ne saurait avoir les orages de l’amour pour base.
Il est malheureusement bien vrai que, sans le loisir et l’argent, l’amour ne peut être qu’une orgie de roturier ou l’accomplissement d’un devoir conjugal.
On peut aimer une amie autant que sa femme, la passion n’a pas de loi.
Pour être heureux en mariage il ne suffit pas de se marier avec l’homme ou la femme qu’on aime, mais d’aimer l’homme ou la femme avec qui nous sommes mariés !

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