Le mariage peut accepter et même parfois s’enrichir de ce qui, pour l’amour, est une souffrance qu’il tolère mal.
Écrivaine, 1925-2024Le mariage peut accepter et même parfois s’enrichir de ce qui, pour l’amour, est une souffrance qu’il tolère mal.
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La femme à l'écharpe
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L’amour ne laisse pas de pâtir des lâchetés qu’il suggère. Sa seule chance de persister dans le mariage est que l’on soit l’un envers l’autre comme si on ne s’aimait pas.
Quand on s’aime véritablement, on s’éloigne du mariage comme d’un abîme.
L’amour est gâché non seulement par le mariage, mais par la seule possibilité du mariage. Le spectre du mariage, agitant ses chaînes – les chaînes du mariage, il va sans dire ! – empoisonne tout amour avec une jeune fille.
Savoir jusqu’à quel point un mariage est heureux, c’est là une tout autre question et qui échappe au spectateur. Les enfants, les graves soucis d’argent, tant de choses secrètes peuvent ruiner le bonheur ; l’amour non plus n’échappe parfois pas à la ruine.
C’est cela le mariage, la même peur partagée, le même besoin d’être consolé, la même vaine caresse dans le noir.
Un amour sans discernement est, chez un mari, une faute qui peut préparer tous les crimes d’une femme !
Un bon mariage, s’il en est, refuse la compagnie et conditions de l’amour, il tâche à représenter celles de l’amitié.
Il vaut mieux être mal mariée que de souffrir de la passion.
Le mariage et le célibat ont tous deux des inconvénients ; il faut préférer celui dont les inconvénients ne sont pas sans remède.
Le mariage veut protéger la durée et l’intimité du lien sexuel et ainsi le rendre humain, mais il est aussi pour beaucoup ce qui ruine et la durée et l’intimité.

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