- L’amitié est une émanation de l’âme. C’est quelque chose qu’on sent. On ne la donne pas en échange d’un autre don.
- Quand on est jeune, on échafaude un programme de travail dont on s’imagine qu’il durera toute la vie et résistera à n’importe quel cataclysme.
- On peut douter de la valeur d’une vie vertueuse qui se termine dans le vice autant que d’une vie de péché qui finit bien.
- On parle du courage d’un condamné à mort qui marche jusqu’au lieu de l’exécution : il en faut parfois autant pour garder une façade acceptable en allant au-devant de la souffrance quotidienne.
- Personne ne sait combien de temps peut durer une seconde de souffrance.
- Toute passion meurt, tout amour s’épuise, mais la pitié survit à tout. Rien ne parvient à l’user. La vie la nourrit sans cesse.
- Le mal ressemble à Peter Pan. Il possède le privilège horrible et horrifiant de l’éternelle jeunesse.
- Lorsqu’une femme occupe vos pensées toute la journée, on ne devrait pas, par surcroît, rêver d’elle la nuit.
- On n’accueille pas invariablement avec joie la présence d’une femme, même lorsqu’on en est amoureux.
- Aucun être humain ne peut réellement en comprendre un autre; personne ne peut tout arranger pour le bonheur d’un être.
- C’est une chose étrange de découvrir et de croire qu’on est aimé, quand on sait que personne ne peut aimer personne qu’un père, une mère ou un Dieu.
- Il faut aimer toutes les âmes comme si chacune était celle de son propre enfant.
- Elle revêtait sa peur d’un déguisement pour pouvoir la regarder... Elle la baptisait fièvre, rats, chômage. Le vrai visage qui restait tabou était la mort.
- Une victoire retardée peut tendre les nerfs autant qu’une défaite prolongée.
- Savoir jusqu’à quel point un mariage est heureux, c’est là une tout autre question et qui échappe au spectateur. Les enfants, les graves soucis d’argent, tant de choses secrètes peuvent ruiner le bonheur; l’amour non plus n’échappe parfois pas à la ruine.
- On passe tant d’heures dans la vie à remettre à plus tard ce qui doit souffrir; on ne perd jamais à surseoir.
- Ce n’est pas la beauté que nous aimons, mais l’échec : l’effort inutile pour rester toujours jeune, échec des nerfs, échec du corps. La beauté est comme la réussite; nous ne pouvons l’aimer longtemps.
- La joie est tributaire de la souffrance. La souffrance est partie de la joie. Quand nous avons faim, songez comme la nourriture nous paraît bonne !
- Les femmes ont un grand besoin de fierté : elles veulent être fières d’elles-mêmes, de leur mari, de leur entourage. Elles sont rarement fières de l’invinsible.
- Croire que parce que ses yeux n’expriment rien, un être ne souffre pas, est une erreur facile à commettre.
- L’amour humain ne connaît rien qui se puisse appeler victoire; à peine quelques petits succès stratégiques avant le désastre final de la mort ou de l’indifférence.
- L’idée de la souffrance est beaucoup plus facile à communiquer que celle du bonheur.
- Je me demande comment tous ceux qui n’écrivent pas, ne composent ni ne peignent, parviennent à échapper à la folie, à la mélancolie et la peur panique qui sont inhérentes à la condition humaine.