Je me demande comment tous ceux qui n’écrivent pas, ne composent ni ne peignent, parviennent à échapper à la folie, à la mélancolie et la peur panique qui sont inhérentes à la condition humaine.
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- Pourquoi chaque Etre humain n’a t-il pas le droit à l’art pour apprendre à donner forme à ses émotions ? Au lieu d’en avoir peur, apprivoiser ce qui transporte ?
- La peur de se faire prendre est la mère de la créativité.
- Les maux de grammaire se soignent par la grammaire, les fautes d’orthographe par l’exercice de l’orthographe, la peur de lire par la lecture, celle de ne pas comprendre par l’immersion dans le texte.
- Je ne comprends pas qu’ils ne sachent pas au moins garder le silence devant une oeuvre d’une telle beauté, beauté irritante, peut-être exaspérante même, parce que l’auteur, avec tout son génie, touche à des choses très graves avec une sorte d’insolence qui fait peur.
- La solitude que l’on éprouve en écrivant est assez terrifiante. C’est parfois proche de la folie, on disparaît et on perd le sens de la réalité.
- C’est souvent seulement par manque d’esprit créateur qu’on ne va pas assez loin dans la souffrance.
- Quelqu’un qui n’éprouve plus rien ne vit que par les nerfs, à travers l’agitation passionnée des autres, comme au théâtre ou dans la musique.
- Le courage dont on fait preuve pour écrire est celui-là même qui nous fait défaut dans l’existence.
- Il y en a qui sont écrivains sans pouvoir écrire et d’autres qui écrivent sans être écrivains. Il y a la nature et il y a le talent. Il y a aussi l’absence de l’un comme de l’autre.
- Ne prends point part aux bruits que sème le vulgaire De crainte de passer pour en être l’auteur. On ne risque rien à se taire, et souvent pour parler on cause son malheur.
- Le vrai bonheur ne nous incline que fort rarement aux aventures de l’esprit. Les écrivains et les artistes, sans faire mention des philosophes, sont mécontents d’eux-mêmes ou du monde, à moins que ce ne soit d’eux-mêmes et du monde.
- Ecrire n’est-ce pas se lever au milieu de la nuit, parmi les choses réelles et irréelles, proches et étrangères, aller jusqu’au bout de sa folie, troubler le sommeil des gisants, annoncer l’aube ?
- Écrire, c’est au mieux une vie solitaire... Un écrivain accomplit son oeuvre dans la solitude et, s’il est suffisamment bon écrivain, il doit chaque jour faire front à l’éternité ou à l’absence d’éternité.
- J’écris pour tenir tête au silence établi, pour rallumer des mots éteints par l’habitude et les garder vivants face à cette hébétude qui pétrifie le coeur et nous désunit.
- C’est quoi, cette putain d’idée sur l’écriture ? Qu’elle sauve celui qui écrit ? Elle sauve celui qui a préféré écrire que vivre. Les chagrins ne s’effaceront pas au nombre de pages écrites. Il faut avoir placé l’écriture plus haut que sa vie.