Les maux de grammaire se soignent par la grammaire, les fautes d’orthographe par l’exercice de l’orthographe, la peur de lire par la lecture, celle de ne pas comprendre par l’immersion dans le texte.
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- Quand un élève vous dit qu’il n’aime pas lire, il ne sait pas ce qu’il dit. Si vous le croyez, il est foutu et vous aussi comme professeur.
- Le verbe lire ne supporte pas l’impératif. Aversion qu’il partage avec quelques autres : le verbe «aimer»... Le verbe «rêver»...
- Je me demande comment tous ceux qui n’écrivent pas, ne composent ni ne peignent, parviennent à échapper à la folie, à la mélancolie et la peur panique qui sont inhérentes à la condition humaine.
- Je ne comprends pas qu’ils ne sachent pas au moins garder le silence devant une oeuvre d’une telle beauté, beauté irritante, peut-être exaspérante même, parce que l’auteur, avec tout son génie, touche à des choses très graves avec une sorte d’insolence qui fait peur.
- Il est absurde d’avoir une règle rigoureuse sur ce qu’on doit lire ou pas. Plus de la moitié de la culture intellectuelle moderne dépend de ce qu’on ne devrait pas lire.
- Le décousu et l’absurdité de la rédaction indiquent quelque chose de plus que la difficulté d’exprimer sa pensée.
- Si la pensée corrompt le langage, le langage peut aussi corrompre la pensée. Un mauvais usage peut se répandre par tradition et par mimétisme, même parmi les gens qui devraient être plus avisés - et qui le sont effectivement.
- Il y a autant de grammaires que de grammairiens, et même davantage.
- Un autre défaut de la mauvaise poésie est d’allonger la prose, comme le caractère de la bonne est de l’abréger.
- Epanchement : Défaut fréquent chez les écrivains, et qui peut s’avérer dangereux, car à force de s’épancher, l’écrivain risque une mauvaise chute.
- Presque aucune part n’est réservée à l’enseignement de la parole proprement dite; l’écolier apprend à lire, à écrire, à compter, à raisonner, non à parler. Ils seront dans la vie la proie de quelque bavard, expert au langage courant.
- Dire aux gens ce qu’il faut lire est en général inutile ou nuisible, car la véritable appréciation de la littérature est une question de tempérament et ne s’enseigne pas.
- Au commencement était le verbe. Puis arriva le traitement de texte, et leur foutu processeur de pensée. La mort de la littérature s’ensuivit. Ainsi va la vie.
- Les fautes d’orthographe d’un homme ou d’une femme sont son empreinte digitale littéraire.
- Une enquête au long cours, c’était comme un nouvel alphabet à déchiffrer : certains mots étaient plus importants que d’autres mais au départ, rien ne permettait de les distinguer.