Biographie courte et informations sur Pierre Desproges
Pierre Desproges, né en 1939 à Pantin et disparu trop tôt en 1988 à Neuilly-sur-Seine, était un humoriste français dont l’esprit acéré et l’humour noir font toujours mouche. À travers des œuvres comme Le Tribunal des flagrants délires ou La Minute nécessaire de monsieur Cyclopède, il a su bousculer les idées reçues avec finesse et un rien d’absurde. Journaliste et chroniqueur, Desproges reste un maître du rire qui pousse à réfléchir, sans jamais faire dans la demi-mesure.
- L’intelligence, c’est comme les parachutes, quand on n’en a pas, on s’écrase.
- Les animaux sont comme des bêtes. D’où leur nom. Ne possédant pas une intelligence supérieure, ils passent leur temps à faire des bulles ou à jouer dans l’eau au lieu d’aller au bureau.
- L’homme de science le sait bien, lui, que seule la science, a pu, au fil des siècles, lui apporter l’horloge pointeuse et le parcmètre automatique sans lesquels il n’est pas de bonheur terrestre possible.
- Perdu un mois plus tôt à Versailles, bibi, le petit chat, a parcouru deux cent quarante kilomètres avant d’arriver, fourbu mais en vie, à Saint-Pierre-des-Corps, dans la banlieue de Tours. Cette histoire est d’autant plus triste que Bibi habitait Vierzon.
- L’humour, c’est le droit d’être imprudent, d’avoir le courage de déplaire, la permission absolue d’être imprudent.
- Et puis quoi, qu’importe la culture ? Quand il a écrit Hamlet, molière avait-il lu Rostand ? Non.
- La culture, c’est comme l’amour. Il faut y aller à petits coups au début pour bien en jouir plus tard.
- Dépourvue d’âme, la femme est dans l’incapacité de s’élever vers Dieu. En revanche, elle est en général pourvue d’un escabeau qui lui permet de s’élever vers le plafond pour faire les carreaux. C’est tout ce qu’on lui demande.
- Il y a un seul cas où il est convenable d’aborder une femme laide. C’est pour lui demander si elle ne connaît pas l’adresse d’une jolie femme.
- Je sais que, pour une femme c’est difficile de rendre un homme heureux. Mais si ce travail vous paraît trop dur toute seule, mettez-vous à plusieurs.
- La femme est assez proche de l’Homme, comme l’épagneul breton. À ce détail près qu’il ne manque à l’épagneul breton que la parole, alors qu’il ne manque à la femme que de se taire. Par ailleurs, la robe de l’épagneul breton est rouge feu et il lui en suffit d’une.
- Je me suis fait auprès de ma femme une solide réputation de monogame.
- L’amour, c’est comme les cartes : si tu n’as pas de partenaire, il te faut une bonne main.
- Pour qui s’emmerde au trou perdu, la mort du voisin ranime toujours un peu la vie, mettant la joie dans les chaumières où le père noue sa cravate noire des cimetières en fredonnant des javas usées.
- Je vous le demande en votre âme et conscience : sans la peine de mort, est-ce la peine de vivre ?
- Mozart était tellement précoce qu’à 35 ans il était déjà mort.
- J’ai pas peur de l’avouer, j’avais quarante ans passés, eh bien, le jour de la mort de Brassens, j’ai pleuré comme un môme. J’ai vraiment pas honte de le dire. Alors que - c’est curieux - mais, le jour de la mort de Tino Rossi, j’ai repris deux fois des moules.
- Les calories sont des petits monstres, qui s’introduisent la nuit dans votre garde-robes, et qui rétrécissent vos vêtements.
- Nous n’avons plus de grand homme, mais des petits qui grenouillent et sautillent de droite et de gauche avec une sérénité dans l’incompétence qui force le respect.
- Charles de Gaulle fut élevé dans l’amour de la patrie, le respect du drapeau, la dévotion à Jeanne d’Arc et la foi en Dieu sans qui l’oiseau qui trille, le ruisseau qui chante et le cancer qui ronge n’existeraient pas.
- Ma femme est très portée sur le sexe. Malheureusement, ce n’est pas sur le mien.
- Vous avez du talent ? Ne vous emmerdez pas à passer le bac !
- Le savoir-vivre est la somme des interdits qui jalonnent la vie d’un être civilisé, c’est à dire coincé entre les règles du savoir-naître et celles du savoir-mourir.
- Moi je n’aurais jamais pu être boucher, je n’avais pas le coeur. Je n’aurais pas pu être matador, je n’avais pas les tripes. J’aurais pas pu être Bardot, je n’avais pas les fesses.
- Au Paradis, on est assis à la droite de Dieu : c’est normal, c’est la place du mort.
- La femme des uns fait le bonheur des autres.
- Le cochon offre de nombreux points de comparaison avec un autre mammifère sans poils passé expert dans l’art de semer la merde et de se vautrer dedans.
- A part la droite, il n’y a rien au monde que je méprise autant que la gauche.
- Je suis le contraire d’un artiste engagé. Je suis un artiste dégagé. Je ne peux pas être engagé. A part la droite, il n’y a rien au monde que je méprise autant que la gauche.
- L’heureux temps chanté par Brassens où les gens avaient à coeur de mourir plus haut que leur cul est un temps maintenant révolu. On vit désormais dans une démocratie couchée, et il est naturel que les morts donnent l’exemple de l’humilité.
- L’humour c’est un recul par rapport au comique. J’aime bien avoir un recul par rapport au rire, c’est un signe d’une petite intelligence déjà, peut-être.
- Quand au mois de mars, je le dis sans arrière-pensée politique, ça m’étonnerait qu’il passe l’hiver.
- On a envie d’aimer mais on ne peut pas.
- N’importe quel chrétien venant de recevoir l’eucharistie vous le confirmera : Dieu fond dans la bouche et pas dans la main.
- Pierre Desproges est mort d’un cancer. Étonnant, non ?
- Il en est du romantisme fiévreux comme de la moule pas fraîche : quand on en abuse, ça fait mal au coeur.
- Les hémorragies cérébrales sont moins fréquentes chez les joueurs de football. Les cerveaux aussi !
- On ne m’ôtera pas de l’idée que, pendant la dernière guerre mondiale de nombreux Juifs ont eu une attitude carrément hostile à l’égard du régime nazi.
- A la guerre il est important de savoir reconnaître l’ennemi. Car, sans ennemi, la guerre est ridicule.
- L’ennemi, c’est comme le sexe. Faut tirer dessus de temps en temps pour avoir la paix.
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