Le verbe lire ne supporte pas l’impératif. Aversion qu’il partage avec quelques autres : le verbe « aimer »… Le verbe « rêver »…
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Comme un roman (1992)
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On lit comme on aime, on entre en lecture comme on tombe amoureux : par espérance, par impatience. Sous l’effet d’un désir, sous l’erreur invincible d’un tel désir : trouver le sommeil dans un seul corps, toucher au silence dans une seule phrase.
Aimer la littérature, c’est être persuadé qu’il y a toujours une phrase écrite qui nous redonnera le goût de vivre.
L’ingéniosité en amour, c’est comme la poésie en littérature. On peut s’en passer, mais c’est dommage.
Ce n’est pas pour devenir écrivain qu’on écrit, c’est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour.
Ce vice littéraire qui consiste à se forcer à aimer ce qu’on se croit obligé d’admirer.
Le verbe clair n’est pas entendu, car imaginé compris sans effort. La compréhension résulte de la réflexion.
À force de lire on finit par comprendre qu’à force de lire on finit par comprendre.
Dire aux gens ce qu’il faut lire est en général inutile ou nuisible, car la véritable appréciation de la littérature est une question de tempérament et ne s’enseigne pas.
Tu dis l’amour a son langage Et moi les mots ne servent à rien S’il te faut des phrases en otage Comme un sceau sur un parchemin.
Sait-on ce que c’est qu’écrire ? Une ancienne et très vague mais jalouse pratique, dont gît le sens au mystère du cœur.

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