Ce vice littéraire qui consiste à se forcer à aimer ce qu’on se croit obligé d’admirer.
Écrivain, 1864-1910 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Ce vice littéraire qui consiste à se forcer à aimer ce qu’on se croit obligé d’admirer.
Écrivain, 1864-1910 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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Journal : 1887-1910
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L’ingéniosité en amour, c’est comme la poésie en littérature. On peut s’en passer, mais c’est dommage.
L’entêtement représente le caractère, à peu près comme le tempérament représente l’Amour.
Manier les mots, les soupeser, en explorer le sens, est une manière de faire l’amour, surtout lorsque ce qu’on écrit est inspiré par quelqu’un, ou promis à quelqu’un.
Il existe des livres qui font ressentir un amour plus intense que celui qu’on a connu, un courage plus grand que celui dont on a fait preuve. C’est l’effet que doit produire l’art.
Car l’admiration, plus encore que l’amour, peut être une passion dangereuse.
Aimer, c’est donner à autrui, par une sorte de pouvoir créateur, une existence supérieure ; être aimé, c’est la recevoir.
Aimer, c’est donner raison à l’absurde.
Cet amour du beau est ce qu’on nomme le goût. D’autres ont le même amour poussé tellement à l’excès, que, non contents d’admirer, ils cherchent à s’approprier ce beau sous de nouvelles formes. La création du beau est l’art.
Aimer la littérature, c’est être persuadé qu’il y a toujours une phrase écrite qui nous redonnera le goût de vivre.
Ce n’est pas prendre une liberté que d’aimer une personne aimable, mais c’est en prendre une que de lui déclarer son amour. En confondant ces deux choses, vous mêlez le vrai et le faux : voila l’art.

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