Il n’y a rien, madame, qui marque davantage qu’on a de l’esprit, que de croire n’en pas avoir, et il est de la nature de ce bien-là, que plus on en a, plus on croit en manquer.
1628-1703Il n’y a rien, madame, qui marque davantage qu’on a de l’esprit, que de croire n’en pas avoir, et il est de la nature de ce bien-là, que plus on en a, plus on croit en manquer.
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Les contes des fs
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Il n’y a rien si sujet à être trompé que la prudence humaine : ce qu’elle espère lui manque, ce qu’elle craint s’écoule, ce qu’elle n’attend point lui arrive.
Plus on a rien et plus on veut croire.
Je tiens que, pour l’ordinaire, c’est notre nature sincère qui s’exprime dans les songes ; et songe n’est point mensonge, sinon en ce sens qu’il représente ce qu’on voudrait, non ce qui est.
Rien ne prédispose davantage à l’aspect pensif que l’absence totale de pensée.
On ne trouve guère un grand esprit qui n’ait un grain de folie.
À force de croire, on oublie de douter.
Ce qu’il y a de moins parfait dans l’ordre de la connaissance humaine : croire ; et ce qu’il y a de moins noble dans l’ordre de l’action libre : obéir ; voilà le chemin de la perfection de l’amour.
Ce qu’on n’a pas, ne manque pas.
Cette tranquillité philosophique, l’objet des désirs du sage, parce que c’est un bien que personne ne lui envie.
Il en est ainsi de la vie. Elle n’a de foi qu’en elle-même. Quand aucune pensée ne l’entrave elle va contre toute raison sans autre but que d’être encore, un jour, une heure, un pas de plus.

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