Je tiens que, pour l’ordinaire, c’est notre nature sincère qui s’exprime dans les songes; et songe n’est point mensonge, sinon en ce sens qu’il représente ce qu’on voudrait, non ce qui est.
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- Il faut prêcher sur la vie, non sur la mort; répandre l’espoir et non la crainte; et cultiver en commun la joie, vrai trésor humain. C’est le grand secret des sages et ce sera la lumière de demain.
- Ce qui fait le jésuite, c’est qu’ayant pesé les moyens extérieurs de persuader, éducation, imitation, opinion unanime, il les juge suffisants, par un profond mépris de la sagesse individuelle, qui examine sans fin et ne fait rien.
- L’amour n’est pas naturel; et le désir lui-même ne l’est pas longtemps. Mais les sentiments vrais sont des oeuvres.
- Rien n’est vrai, rien n’est faux; tout est songe et mensonge, illusion du coeur qu’un vain espoir prolonge. Nos seules vérités, hommes, sont nos douleurs.
- L’imagination, ce n’est pas le mensonge.
- Fréquemment, nous pouvons reconnaître et dénoncer le mensonge, sans pour autant découvrir les secrets de la vérité; savoir que quelqu’un ment ne nous apprend rien sur ce qu’il pense.
- Avouer que le mensonge est une condition vitale, c’est là, certes, s’opposer de dangereuse façon aux évaluations habituelles, et il suffirait à une philosophie de l’oser pour se placer ainsi par-delà le bien et le mal.
- Il n’y a rien, madame, qui marque davantage qu’on a de l’esprit, que de croire n’en pas avoir, et il est de la nature de ce bien-là, que plus on en a, plus on croit en manquer.
- Chacun de nous a trois existences. Une existence de chose : nous sommes un corps. Une existence d’esprit : nous sommes une conscience. Et une existence de discours : nous sommes ce dont les autres parlent.
- Dans les conditions où il est prêté, le serment maçonnique n’oblige aucune conscience, mais il faut, pour en bien sentir la nullité, un esprit pénétrant et un caractère très ferme.
- Passer de l’opinion à la perception, de l’imagination au fait, de l’illusion à la réalité, de ce qui n’est pas à ce qui est, voilà le cheminement.
- C’est quand on aime que l’on arrive à être quelque chose de la Création. Quand on aime, on n’a aucun besoin de comprendre ce qui se passe, car tout se passe alors à l’intérieur de nous.
- Nos raisons et nos discours humains, c’est comme la matière lourde et stérile : la grâce de Dieu en est la forme; c’est elle qui y donne la façon et le prix.
- Mais, c’est un trait caractéristique propre à notre existence avant une décision, que rien ne soit plus irréel que le but vers lequel on tend.
- La véritable forme du sentiment, ce n’est pas la conscience qu’on en a, mais l’action qu’on en tire.