Nos raisons et nos discours humains, c’est comme la matière lourde et stérile : la grâce de Dieu en est la forme; c’est elle qui y donne la façon et le prix.
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- Nos goûts s’émoussent aisément par la satiété, et il faut rendre grâces à Dieu de nous avoir donné les privations nécessaires pour les conserver.
- Dis-moi, quelle nécessité y a-t-il à l’existence de Dieu, du monde et de tout ? Pourquoi doit-il y avoir quelque chose ? Ne crois-tu pas que cette idée de nécessité n’est que la forme suprême que prend le hasard dans nos esprits ?
- La concupiscence nous est devenue naturelle et a fait notre seconde nature. Ainsi il y a deux natures en nous : l’une bonne, l’autre mauvaise. Où est Dieu ? Où vous n’êtes pas.
- Dieu nous a donné deux extrémités : l’une pour s’asseoir, l’autre pour réfléchir. La vie dépend de celle qu’on utilise : face on gagne, pile on perd.
- L’homme, c’est le nom commode qu’on a donné, complet, fini, satisfaisant, à quelque chose qui ne l’est guère. On a fait l’opération contraire avec le mot Dieu.
- Et que Dieu aime toute la nature. - Je ne partage pas ce sentiment. - Dieu fit des erreurs et des dégâts énormes. - Les nôtres ne sont rien, en comparaison.
- Lorsqu’on mutile la liberté de l’homme, cette liberté que Dieu a créée et qui se rapporte à lui, on mutile précisément ce par quoi Dieu, indirectement, s’annonce.
- C’est parce que nous avons terriblement besoin de Dieu que nous l’inventons...
- Pour Dieu Tout-Puissant, ce qui compte, ce n’est pas combien nous donnons, mais combien d’amour nous mettons dans le don.
- Cette conviction, liée à un sentiment profond d’une raison supérieure, se dévoilant dans le monde de l’expérience, traduit pour moi l’idée de Dieu.
- Dieu nous donne et nous reprend. On ne réalise qu’il nous a donné quelque chose qu’à l’instant où l’on s’aperçoit qu’il peut le reprendre.
- La possibilité que le oui et le non, le bien et le mal, soient également indifférents à Dieu ne peut être concevable pour des têtes faites comme les nôtres, car enfin Dieu doit bien servir à quelque chose.
- Oui, je le sais, nous ne sommes que de vaines formes de la matière, mais bien sublimes pour avoir inventé Dieu et notre âme.
- Vouloir définir Dieu, c’est prétendre à le limiter en notre esprit, c’est-à-dire le tuer. Dès que nous essayons de le définir, c’est le néant qui surgit.
- La preuve de l’existence de Dieu la plus belle, la plus relevée, la plus solide et la première, c’est l’idée que nous avons de l’infini.