Biographie courte et informations sur Miguel de Unamuno
Miguel de Unamuno est né le 29 septembre 1864 à Bilbao en Espagne. Poète, romancier, philosophe et professeur, il a passé une grande partie de sa vie à l’université de Salamanque, où il a été recteur plusieurs fois. Il a aussi été député sous la Seconde République espagnole. Écrivain de la Génération de 98, il a exploré les questions d’identité et de société espagnole. Parmi ses textes célèbres, on trouve Le Sentiment tragique de la vie. Il est mort le 31 décembre 1936 à Salamanque, à l’âge de 72 ans.
- Eternité ! Eternité ! Voilà l’aspiration par excellence; la soif d’éternité est ce qui s’appelle amour parmi les hommes; qui aime autrui veut s’éterniser en lui. Ce qui n’est pas éternel n’est pas non plus réel.
- Plus la vie est agréable et douce et enchanteresse, plus horrible est l’idée de la perdre. Et c’est ainsi que se corrompent les cultures et que viennent les décadences.
- Nous ne vivons que de contradictions et pour des contradictions, la vie est tragédie et lutte perpétuelle sans victoire et sans espoir de victoire; elle est contradiction.
- La science dit : "Nous devons vivre" et cherche le moyen de prolonger, approfondir, faciliter et amplifier la vie, de la rendre tolérable et acceptable. La sagesse dit : "Nous devons mourir" et cherche comment nous faire bien mourir.
- Ce que l’homme cherche dans la religion, c’est de sauver sa propre individualité, de l’éterniser, ce qu’on n’obtient ni avec la science, ni avec l’art, ni avec la morale.
- Dis-moi, quelle nécessité y a-t-il à l’existence de Dieu, du monde et de tout ? Pourquoi doit-il y avoir quelque chose ? Ne crois-tu pas que cette idée de nécessité n’est que la forme suprême que prend le hasard dans nos esprits ?
- Penser, c’est parler avec soi-même.
- Les subtils sophistes grecs furent de grands agents de liberté mentale : ils enseignèrent à jouer avec les idées, à ne pas les respecter; ils nous apprirent que les idées sont faites pour les hommes et non les hommes pour les idées.
- Dans la religion, s’unifient la science, la poésie et l’action.
- La paix est dans la contemplation; dans l’action, la guerre. Mais il s’agit de trouver une contemplation active ou une action contemplative.
- L’amour recherche avec fureur, à travers l’objet aimé, quelque chose au-delà; et comme il ne le trouve pas, il désespère.
- Toute conscience est une conscience de mort et de douleur. - Conscience, conscientia, c’est connaissance partagée, con-sentiment; et con-sentir, c’est com-patir.
- En ce qui me concerne, jamais je ne me livrerai de bon gré ni ne livrerai ma confiance à un conducteur de peuples qui ne soit pas pénétréé de la conviction que, en conduisant un peuple, il conduit des hommes.
- Il n’y a pas en effet de plus parfaite domination que la connaissance; qui connaît quelque chose, le possède. La connaissance unit le connaisseur au connu... Celui qui connaît Dieu est déjà Dieu.
- Vouloir définir Dieu, c’est prétendre à le limiter en notre esprit, c’est-à-dire le tuer. Dès que nous essayons de le définir, c’est le néant qui surgit.
- Croire en Dieu, c’est avant tout et par-dessus tout vouloir qu’il existe.
- Si nous pouvions en économie politique, laisser de côté cette terminologie damnée de la valeur, de la richesse, du revenu, du capital, mots si gros de vie latente mais si corrompus par le péché originel !
- Car la vraie liberté n’est pas de secouer la loi extérieure; la liberté est la conscience de la loi. Est libre non celui qui secoue la loi, mais celui qui s’en rend maître.
- Si la conscience n’est comme l’a dit un penseur inhumain, qu’un éclair entre deux éternités de ténèbres, alors il n’y a rien de plus exécrable que la conscience.
- La conscience est une maladie.
- Que serait un univers sans conscience aucune qui le réfléchisse et le connaisse ? Que serait la raison objectivée, sans volonté ni sentiment ? Pour nous, la même chose que le néant; mille fois plus épouvantable que lui.