Les subtils sophistes grecs furent de grands agents de liberté mentale : ils enseignèrent à jouer avec les idées, à ne pas les respecter; ils nous apprirent que les idées sont faites pour les hommes et non les hommes pour les idées.
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- Ce que l’homme cherche dans la religion, c’est de sauver sa propre individualité, de l’éterniser, ce qu’on n’obtient ni avec la science, ni avec l’art, ni avec la morale.
- Nous savons qu’on ne peut faire du grand art que dans un climat de liberté absolue. L’inverse est soumission, art conventionnel, donc faux. Et par conséquent il n’est pas utile à l’homme. Les rêves sont utiles parce qu’ils sont libres.
- Les hommes sont vraiment absurdes. Ils n’usent jamais des libertés dont ils jouissent, mais ils réclament celles qu’ils n’ont pas; ils ont la liberté de pensée, ils demandent la liberté de parole.
- Dieu a dit aux hommes de se débrouiller, et c’est ce que les professeurs de philosophie appellent liberté.
- La liberté, les hommes la dédaignent uniquement, semble-t-il, parce que s’ils la désiraient, ils l’auraient; comme s’ils refusaient de faire cette précieuse acquisition parce qu’elle est trop aisée.
- La pensé rationnelle a un état civil : on connait son lieu et sa date de naissance. C’est au VIe siècle avant notre ère, dans les cités grecques d’Asie Mineure, que surgit une forme de réflexion nouvelle, toute positive, sur la nature.
- Ceux qui dirigent le peuple sont aussi des sots : mais au lieu d’obéir à des hommes, ils obéissent à des principes, lesquels ne peuvent être que niais, stériles et faux, par cela même qu’ils sont des principes, c’est-à-dire des idées réputées certaines et immuables, en ce monde où l’on n’est sûr de rien, puisque la lumière est une illusion, puisque le bruit est une illusion.
- La rime a ce charme, elle et toutes les conditions conventionnelles, de faire venir une foule d’idées, c’est à dire de combinaisons auxquelles jamais on n’aurait songé.
- Sans idéologie, toutes les facultés de l’esprit ne seraient que l’esprit en soi, mais jamais une force créatrice.
- Chaque homme qui lutte avec la vie, qui est vaincu par elle et prisonnier de sa boue, est plus un philosophe que Schopenhauer, parce que jamais une idée abstraite ne prendra une forme aussi précise et imagée que tire d’un cerveau la souffrance.
- A Rome, les gens semblent aimer avec plus d’entrain, tuer avec plus d’imagination, se soummettre aux besoins créateurs plus souvent, et perdre le sens de la logique plus facilement que nulle part ailleurs.
- Si un homme a une grande idée de lui-même, on peut être sûr que c’est la seule grande idée qu’il ait jamais eue dans sa vie.
- Elle adorait ces hommes timides, réservés, mais qu’on devine consumés d’une passion intérieur. Le charme slave, du moins, c’est ainsi qu’elle imaginait les hommes de l’Est, ceux aux destins tragiques des romans de Tolstoï ou des pièces de Tchekhov.
- Aimons davantage les anciens, mais copions-les moins ! Si les Grecs ont été grands, dit un adage, c’est qu’ils ne se sont jamais inspirés de leurs propres anciens.
- Rien n’est libre dans la nature que l’esprit de l’homme. Fût-elle une illusion, cette liberté a fait des princes parmi les hommes.