Elle adorait ces hommes timides, réservés, mais qu’on devine consumés d’une passion intérieur. Le charme slave, du moins, c’est ainsi qu’elle imaginait les hommes de l’Est, ceux aux destins tragiques des romans de Tolstoï ou des pièces de Tchekhov.
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- Du temps qu’on l’aimait, lasse d’elle-même, elle avait juré d’être cet amour, elle en fut le charme et lui le poème, la terre est légère aux serments d’un jour.
- Gardez le charme d’une légère timidité sans en éprouver les terreurs, comme certaines femmes savent conserver le ravissant duvet de la pudeur alors qu’elles ne craignent plus l’amour.
- Beaucoup du charme des hommes est fait de l’ennui des femmes.
- Le charme : cette part de romanesque qu’une personne propage autour d’elle et qui la rend à nulle autre pareille.
- Véronique, irréparablement enlaidie, deviendrait cette amie très douce, cette compagne bienfaisante des heures de lassitude intellectuelle et de tristesse, cette quasi-soeur qu’on avait rêvée et que la jolie femme ne pouvait être.
- Cette madame Thénardier était une femme rousse, charnue, anguleuse; le type femme-à-soldat dans toute sa disgrâce. Et, chose bizarre, avec un air penché qu’elle devait à des lectures romanesques. C’était une minaudière homasse.
- Elle se répétait : «J’ai un amant ! Un amant ! » se délectant à cette idée comme celle d’une autre puberté qui lui serait survenue. Elle allait donc posséder enfin ces joies de l’amour, cette fièvre du bonheur dont elle avait désespéré.
- Jusqu’ici, dès qu’une femme lui avait plu, le désir l’avait aussitôt envahi, lui faisant tendre les mains vers elle, comme pour cueillir un fruit, sans que sa pensée intime eût été jamais profondément troublée par son absence ou par sa présence.
- N’est-ce pas vouloir détrôner la perfection que d’essayer à tuer les charmes de la mémoire et les espérances qui survivent à un amant perdu, précisément parce qu’il n’a réveillé que des désirs, tout ce que l’amour a de plus beau, de plus séduisant.
- Il s’aperçut qu’il y avait autre chose dans le monde que les spéculations de la Sorbonne et les vers d’Homerus que l’Homme avait besoin d’affections que la vie sans tendresse et sans amour n’était qu’un rouage sec, criard et déchirant.
- Et je lirai (trouvant Hegel et Kant arides) - Ces beaux récits d’amour poivrés de cantharides.
- Avant guerre, elle les avait démasqués de loin, les petits ambitieux qui la trouvait banale vue de face, mais très jolie vue de dot.
- À peine éblouie par sa gloire, sachant qu’elle lui a tout donné : courage, force, génie, respect de l’ordre et sens du devoir, elle s’efface et reste seule à ne pas perdre la tête au milieu de l’éblouissement du miracle impérial.
- Au fil des mois, la pratique des livres dans laquelle elle n’avait vu à l’origine que le symbole de sa libération et l’instrument d’une revanche sur le destin, finit par se muer en passion toute pure.
- Au fond de son âme, cependant, elle attendait un événement. Comme les matelots en détresse, elle promenait sur la solitude de sa vie des yeux désespérés, cherchant au loin quelque voile blanche dans les brumes de l’horizon.