Elle se répétait : «J’ai un amant ! Un amant ! » se délectant à cette idée comme celle d’une autre puberté qui lui serait survenue. Elle allait donc posséder enfin ces joies de l’amour, cette fièvre du bonheur dont elle avait désespéré.
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- J’aurais fait quelque chose avec une femme qui m’eût aimé. Pourquoi ris-tu ? L’amour est la pâture et comme l’atmosphère du génie. Les émotions extraordinaires produisent les oeuvres sublimes.
- L’amour, croyait-elle, devait arriver tout à coup, avec de grands éclats et des fulgurations, ouragan des cieux qui tombe sur la vie, la bouleverse, arrache les volontés comme des feuilles et emporte à l’abîme le coeur entier.
- L’amour, après tout, n’est qu’une curiosité supérieure, un appétit de l’inconnu qui vous pousse dans l’orage, poitrine ouverte et tête en avant.
- C’était un mystère pour elle, cette facilité de l’amour romantique à changer, la célérité avec laquelle l’être aimé devenait un étranger. Où l’amour s’enfuyait-il ? Peut-être le véritable amour était-il familial, une affaire de sang, puisque l’amour des enfants ne mourait pas comme l’amour romantique.
- Il est dans l’amour un moment où il se suffit a lui même, où il est heureux d’être. Pendant ce printemps où tout est bourgeon, l’amant se cache parfois de la femme aimée pour en mieux jouir, pour la mieux voir.
- Une femme devine toujours, quand il y a de l’amour autour d’elle !
- Une fille dont on tombe amoureux devient aussitôt, qu’elle le veuille ou non, une actrice. Même et surtout si elle ne partage pas votre sentiment - et mille fois plus encore si elle n’est pas au courant de votre passion.
- Véronique, irréparablement enlaidie, deviendrait cette amie très douce, cette compagne bienfaisante des heures de lassitude intellectuelle et de tristesse, cette quasi-soeur qu’on avait rêvée et que la jolie femme ne pouvait être.
- Elle était jolie par juxtaposition. Heureuse, elle eût été ravissante : le bonheur est la poésie des femmes, comme la toilette en est le fard.
- Cela me rappela la parole de Shakespeare : Elle est encore à naître la femme qui a trouvé autant de bonheur dans l’amour triomphant que dans l’amour suppliant.
- C’est l’histoire d’une jeune femme qui aima tellement qu’elle eut besoin d’un autre coeur, puis d’un autre encore.
- Ah ! Si je t’aimais, gémissait-elle, comme je t’aimerais !
- Je crois qu’il est un point de l’amour, unique, et que l’âme plus tard, ah ! Cherche en vain à dépasser; que l’effort qu’elle fait pour ressusciter son bonheur, l’use; que rien n’empêche le bonheur comme le souvenir du bonheur.
- Au fond de son âme, cependant, elle attendait un événement. Comme les matelots en détresse, elle promenait sur la solitude de sa vie des yeux désespérés, cherchant au loin quelque voile blanche dans les brumes de l’horizon.
- L’amour parlé ne vaut pas l’amour prouvé; toutes les jeunes filles de vingt ans en ont cinquante pour pratiquer cet axiome. Là est le grand argument des séducteurs.