L’amour, croyait-elle, devait arriver tout à coup, avec de grands éclats et des fulgurations, ouragan des cieux qui tombe sur la vie, la bouleverse, arrache les volontés comme des feuilles et emporte à l’abîme le coeur entier.
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- Elle se répétait : «J’ai un amant ! Un amant ! » se délectant à cette idée comme celle d’une autre puberté qui lui serait survenue. Elle allait donc posséder enfin ces joies de l’amour, cette fièvre du bonheur dont elle avait désespéré.
- La musique du bal bourdonnait encore à ses oreilles, et elle faisait des efforts pour se tenir éveillée, afin de prolonger l’illusion de cette vie luxueuse qu’il lui faudrait tout à l’heure abandonner.
- L’amour, après tout, n’est qu’une curiosité supérieure, un appétit de l’inconnu qui vous pousse dans l’orage, poitrine ouverte et tête en avant.
- Je ressens un coup de poignard en plein coeur, comme chaque fois que la femme de ma vie prend la direction opposée à la mienne, dans ce monde trop vaste.
- Le baiser frappe comme la foudre, l’amour passe comme un orage, puis la vie, de nouveau, se calme comme le ciel, et recommence ainsi qu’avant. Se souvient-on d’un nuage ?
- Elle a pourri la vie de sa belle-fille jusqu’au bout. Paix à son âme, c’était une sainte femme, avait ajouté Manuela - qui vouait à la jeune Mme Meurisse une haine racinienne - en guise d’oraison funèbre.
- L’amour sort du futur avec un bruit de torrent, et il se jette dans le passé pour le laver de toutes les souillures de l’existence.
- L’amour ne devient vraiment lui-même qu’à partir du moment où il cesse de flotter, douloureux et sombre, comme un embryon, à l’intérieur du corps, et qu’il ose se nommer, s’avouer du souffle et des lèvres.
- Mais cet amour est devenu quelque chose d’irrésistible, de destructeur, de plus fort que la mort.
- C’était un mystère pour elle, cette facilité de l’amour romantique à changer, la célérité avec laquelle l’être aimé devenait un étranger. Où l’amour s’enfuyait-il ? Peut-être le véritable amour était-il familial, une affaire de sang, puisque l’amour des enfants ne mourait pas comme l’amour romantique.
- Est-ce qu’elle ne faisait pas comme la substance de son coeur, le fond même de sa vie ?
- Au fond de son âme, cependant, elle attendait un événement. Comme les matelots en détresse, elle promenait sur la solitude de sa vie des yeux désespérés, cherchant au loin quelque voile blanche dans les brumes de l’horizon.
- Elle resta perdue de stupeur, et n’ayant plus conscience d’elle-même que par le battement de ses artères, qu’elle croyait entendre s’échapper comme une assourdissante musique qui emplissait la campagne.
- L’amour est un abcès qui, à le nourrir, s’avive et s’envenime; c’est une frénésie que chaque jour accroît, et le mal s’aggrave si de nouvelles blessures ne font pas diversion à la première, si tu ne te confies pas encore sanglant aux soins de la Vénus vagabonde et n’imprimes pas un nouveau cours aux transports de ta passion.