Le baiser frappe comme la foudre, l’amour passe comme un orage, puis la vie, de nouveau, se calme comme le ciel, et recommence ainsi qu’avant. Se souvient-on d’un nuage ?
Écrivain, 1850-1893Le baiser frappe comme la foudre, l’amour passe comme un orage, puis la vie, de nouveau, se calme comme le ciel, et recommence ainsi qu’avant. Se souvient-on d’un nuage ?
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Source vérifiée
Pierre et Jean (1888), chapitre 5
… Est-ce que toutes les femmes, toutes, n’ont pas cette faculté d’oubli prodigieuse qui leur fait reconnaître à peine, après quelques années passées, l’homme à qui elles ont donné leur bouche et tout leur corps à baiser?Le baiser frappe comme la foudre, l’amour passe comme un orage, puis la vie, de nouveau, se calme comme le ciel, et recommence ainsi qu’avant. Se souvient-on d’un nuage?
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L’amour est comme un arc-en-ciel : il faut avoir essuyé des pluies pour l’apercevoir.
La personne aimée semble immobile, éternelle sous nos baisers, mais, dès que le temps aux joues gonflées de vent souffle dessus, l’amour s’enfuit dispersé ne laissant au cœur qu’un peu d’odeur et un chagrin inconsolable.
L’amour sort du futur avec un bruit de torrent, et il se jette dans le passé pour le laver de toutes les souillures de l’existence.
Des nuages de l’erreur s’amoncellera plus tard l’orage de la passion.
On s’aimera tant qu’on s’aimera ; avec cette délicieuse sensation du provisoire qui s’installe dans la durée sans qu’on en ait conscience.
Avez-vous vu parfois une jolie vallée grise, sous un ciel lourd ? Puis, brusquement les nuages se séparent, le soleil descend, et la vie, la couleur surgissent joyeusement et chantent partout. C’est à cela qu’elle ressemble en ce moment-ci. Le bonheur fait vivre ses yeux, et sa voix est une perpétuelle chanson.
L’amour constant ressemble à la fleur du soleil,
Qui rend à son déclin, le soir, le même hommage
Dont elle a, le matin, salué son réveil !
Il est d’étranges soirs où les fleurs ont une âme, où dans l’air énervé flotte du repentir, où sur la vague lente et lourde d’un soupir Le cœur le plus secret aux lèvres vient mourir.
Un printemps meurt, en vient un autre Et tout change, et tout est pareil Le bonheur n’est pas le nôtre Pas plus que le soleil Écoute, écoute dans le monde Cet orchestre de cœurs battants De partout ils se répondent Depuis combien de temps ?
La vie coule… On ne la sent pas. Elle glisse sur nous ; on se retourne : elle n’est plus là.

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