Est-ce qu’elle ne faisait pas comme la substance de son cœur, le fond même de sa vie ?
Écrivain, 1821-1880 Image : Nadar, Domaine public, Wikimedia Commons Est-ce qu’elle ne faisait pas comme la substance de son cœur, le fond même de sa vie ?
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L’Éducation sentimentale (1869), partie III, chapitre V
Il fallait douze mille francs, ou bien il ne reverrait plus Mme Arnoux; et, jusqu’à présent, un espoir invincible lui était resté.Est-ce qu’elle ne faisait pas comme la substance de son cœur, le fond même de sa vie?Il fut pendant quelques minutes à chanceler sur le trottoir, se rongeant d’angoisses, heureux néanmoins de n’être plus chez l’autre.
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Les épreuves de la vie l’ont forcée, l’ont enlevée à l’existence qu’elle avait espérée, mais elles ne lui ont pas fait baisser les yeux.
Elle le lui raccrocherait, son cœur. Elle savait comment les cœurs se raccrochent, avec des soins, de la propreté, une amitié solide.
Au fil des mois, la pratique des livres dans laquelle elle n’avait vu à l’origine que le symbole de sa libération et l’instrument d’une revanche sur le destin, finit par se muer en passion toute pure.
Quand elle le vit, elle ressentit ce coup de couteau au cœur que les personnes qui n’ont jamais été sidérées par l’amour prennent pour une métaphore.
Entraînée vers lui par son cœur qui était vierge, et par son âme qui était vide, la chair conquise par la lente domination des caresses, elle s’attacha peu à peu comme s’attachent les femmes tendres, qui aiment pour la première fois.
Du temps qu’on l’aimait, lasse d’elle-même, elle avait juré d’être cet amour, elle en fut le charme et lui le poème, la terre est légère aux serments d’un jour.
La capacité de l’amour romantique à muter, la rapidité avec laquelle un être aimé pouvait devenir un étranger, la laissait perplexe. Où est passé l’amour ? Peut-être que le véritable amour était familial, en quelque sorte, lié au sang, puisque l’amour des enfants ne mourait pas comme l’amour romantique.
Elle pleure parce que son cœur s’est remis à battre aujourd’hui alors qu’elle n’y croyait plus depuis longtemps. Elle a eu une vie plus dure que ce qu’elle aurait imaginé. Elle a surtout connu la solitude.
Superbe, elle a voulu vivre à votre corsage.
Elle meurt de dépit sous un trop beau visage.
Elle a pourri la vie de sa belle-fille jusqu’au bout. Paix à son âme, c’était une sainte femme, avait ajouté Manuela – qui vouait à la jeune Mme Meurisse une haine racinienne – en guise d’oraison funèbre.

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