Elle le lui raccrocherait, son cœur. Elle savait comment les cœurs se raccrochent, avec des soins, de la propreté, une amitié solide.
Romancier, 1840-1902Elle le lui raccrocherait, son cœur. Elle savait comment les cœurs se raccrochent, avec des soins, de la propreté, une amitié solide.
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Source vérifiée
L’Assommoir (1877), chapitre IV
… Seule, Gervaise, pâlie par les veilles, sérieuse, résolue, haussait les épaules. Son homme avait la jambe droite cassée; ça, tout le monde le savait; on la lui remettrait, voilà tout. Quant au reste, au cœur décroché, ce n’était rien.Elle le lui raccrocherait, son cœur. Elle savait comment les cœurs se raccrochent, avec des soins, de la propreté, une amitié solide.Et elle montrait une conviction superbe, certaine de le guérir, rien qu’à rester autour de lui et à le toucher de ses mains, dans les heures de fièvre. Elle ne douta pas une minute. …
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Quand elle lui prenait le bras, elle se laissait aller à s’alanguir, à trébucher, pour lui mieux manifester sa confiance, son abandon, son amour.
Est-ce qu’elle ne faisait pas comme la substance de son cœur, le fond même de sa vie ?
Ces cœurs que l’on croit tendres et qui ne sont que corrompus, l’amour y laisserait de mêmes et aussi durables creux que nos doigts aux jambes de la belle Madame.
Quand la vertu succombe aux griffes du malheur, il doit gémir, le cœur qui fut toujours tenu pour généreux.
Entraînée vers lui par son cœur qui était vierge, et par son âme qui était vide, la chair conquise par la lente domination des caresses, elle s’attacha peu à peu comme s’attachent les femmes tendres, qui aiment pour la première fois.
La femme a un atout d’importance : le cœur.
Quand elle le vit, elle ressentit ce coup de couteau au cœur que les personnes qui n’ont jamais été sidérées par l’amour prennent pour une métaphore.
Elle eut un petit sourire, le sourire reconnaissant de quelqu’un qui chérit chaque mot, chaque geste tendre car, face à la mort, l’amour est l’unique réconfort.
C’est l’histoire d’une jeune femme qui aima tellement qu’elle eut besoin d’un autre cœur, puis d’un autre encore.
L’amour, croyait-elle, devait arriver tout à coup, avec de grands éclats et des fulgurations, ouragan des cieux qui tombe sur la vie, la bouleverse, arrache les volontés comme des feuilles et emporte à l’abîme le cœur entier.

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