Jusqu’ici, dès qu’une femme lui avait plu, le désir l’avait aussitôt envahi, lui faisant tendre les mains vers elle, comme pour cueillir un fruit, sans que sa pensée intime eût été jamais profondément troublée par son absence ou par sa présence.
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- La femme ne travaille point ses termes : c’est l’émotion directe qui les jette à son esprit; elle ne fouille pas les dictionnaires. Quand elle sent très fort, elle exprime très juste, sans peine et sans recherche, dans la sincérité mobile de sa nature.
- Entrainée vers lui par son coeur qui était vierge, et par son âme qui était vide, la chair conquise par la lente domination des caresses, elle s’attacha peu à peu comme s’attachent les femmes tendres, qui aiment pour la première fois.
- Depuis trois mois, il l’enveloppait dans l’irrésistible filet de sa tendresse. Il la séduisait, la captivait, la conquérait. Il s’était fait aimer par elle comme il savait se faire aimer. Il avait cueilli sans peine son âme légère de poupée.
- Elle aurait dû savoir pourtant, comme il l’avait lui-même toujours su, qu’entre un homme et une femme qui s’aiment, la confiance, l’estime et la fidélité étaient aussi obligatoires et nécessaires que le plaisir physique.
- Quelle avait été son existence, cette existence qu’elle ne partageait pas avec lui ? Il ne parvenait pas à la comprendre. Et puis il avait honte de sa curiosité et de l’intérêt qu’il prenait à elle. Ce n’était, après tout, qu’une femme.
- Elle adorait ces hommes timides, réservés, mais qu’on devine consumés d’une passion intérieur. Le charme slave, du moins, c’est ainsi qu’elle imaginait les hommes de l’Est, ceux aux destins tragiques des romans de Tolstoï ou des pièces de Tchekhov.
- J’ai éprouvé... Que rien n’est plus capable d’inspirer du courage à une femme que l’intrépidité d’un homme qu’elle aime.
- Elle avait des attentions, des petits soins, des délicatesses pour moi, et même une certaine tendresse brusque qui ne me déplaisait point.
- Pour ma part, je trouvais plus honnête qu’une femme suivît librement et passionnément son instinct, au lieu, comme c’est généralement le cas, de tromper son mari dans ses propres bras, les yeux fermés.
- Quand elle lui prenait le bras, elle se laissait aller à s’alanguir, à trébucher, pour lui mieux manifester sa confiance, son abandon, son amour.
- Un peu, beaucoup, passionnément. Une femme veut toujours son enfant. Mais elle en a peur quand l’amour rassurant n’est pas là. Cet amour qui pousse les poussettes, qui cueille des noisettes et s’inquiète à la première rougeole.
- Au fond de son âme, cependant, elle attendait un événement. Comme les matelots en détresse, elle promenait sur la solitude de sa vie des yeux désespérés, cherchant au loin quelque voile blanche dans les brumes de l’horizon.
- Elle me pria ensuite d’enlever mes sandales et d’approcher mon pied du sien. Je n’oublierai jamais l’émotion du premier contact : ce bonheur compensait toute la jalousie dont j’avais souffert jusqu’à présent.
- Il y a des femmes qui ont passé leur vie à se donner, et sans avoir, peut-être, un seul amant. Quand elles croyaient céder à l’homme, elles ne faisaient que subir l’occasion.
- Une femme ne peut aimer passionnément qu’après avoir été mariée. Si je la pouvais comparer à une maison, je dirais qu’elle n’est habitable que lorsqu’un mari a essuyé les plâtres.