La liberté, les hommes la dédaignent uniquement, semble-t-il, parce que s’ils la désiraient, ils l’auraient; comme s’ils refusaient de faire cette précieuse acquisition parce qu’elle est trop aisée.
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- Les hommes fantasment la liberté plus qu’ils ne l’utilisent, ils la gardent précieusement sur une étagère au lieu de l’employer. Là, elle sèche, se racornit et meurt bien avant eux. Car la liberté n’existe que si l’on s’en sert.
- Il est vrai que la liberté ne doit pas faire oublier les libertés. Mais quand les hommes ne rêvent plus de cathédrales, ils ne savent plus faire de belles mansardes. Quand ils n’ont plus la passion de la liberté, ils ne savent plus édifier les libertés. On ne donne pas la liberté aux hommes, de l’extérieur, avec des facilités de vie ou des Constitutions : ils s’assoupissent dans leurs libertés, et se réveillent esclaves. Les libertés ne sont que des chances offertes à l’esprit de liberté.
- Les hommes sont vraiment absurdes. Ils n’usent jamais des libertés dont ils jouissent, mais ils réclament celles qu’ils n’ont pas; ils ont la liberté de pensée, ils demandent la liberté de parole.
- La liberté signifie la responsabilité; c’est pourquoi la plupart des hommes la craignent.
- La plupart des gens dans le monde ne veulent pas vraiment être libres. Ils croient seulement le vouloir. Pure illusion. Si on leur donnait vraiment la liberté qu’ils réclament, ils seraient bien embêtés. En fait, les gens aiment leurs entraves.
- Le seul moyen de délivrer les hommes du mal c’est de les délivrer de la liberté.
- Un homme ne peut être plus homme que les autres, parce que la liberté est semblablement infinie en chacun.
- Un sentiment légitime, naturel, base de la liberté, se révolte en tout homme contre toute mesure imposée, eût-elle même la liberté pour but.
- L’homme est certes libre de faire ce qu’il veut, mais il ne peut vouloir ce qu’il veut.
- Rien n’est libre dans la nature que l’esprit de l’homme. Fût-elle une illusion, cette liberté a fait des princes parmi les hommes.
- Est-ce que nous ne sommes vraiment plus capables de respecter la nature, la liberté vivante, sans aucun rendement, sans utilité, sans autre objet que de se laisser entrevoir de temps en temps ? La liberté elle-même est anachronique.
- Il va falloir savoir aimer, consentir à apprendre à aimer. Combien cela est autre exigence que l’instinct ! C’est exigence de liberté. Et de cette liberté la plus extrême, la liberté volontaire pour se livrer, pour se lier.
- Le besoin de reconnaissance apparaît bien comme le talon d’Achille de tout individu. Il explique que, pour se sentir compris ou acceptés, la plupart des hommes préfèrent renoncer à leur liberté, à leur singularité.
- S’il ne fallait pas faire d’efforts pour conquérir le bonheur et la liberté, c’est que cela ne vaudrait pas la peine de les conquérir.
- L’homme est condamné à être libre; condamné parce qu’il ne s’est pas créé lui-même, et par ailleurs cependant libre parce qu’une fois jeté dans le monde, il est responsable de tout ce qu’il fait.