A Rome, les gens semblent aimer avec plus d’entrain, tuer avec plus d’imagination, se soummettre aux besoins créateurs plus souvent, et perdre le sens de la logique plus facilement que nulle part ailleurs.
Image : A Rome, les gens semblent aimer...

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- Aimer, c’est vivre dangereusement. L’Italien de la Renaissance risquait naturellement l’amour, comme il risquait le poison ou le coup de dague; il savait aimer avec audace, méfiance et secret.
- Travailler, comme vivre, comme aimer, n’était-ce pas avant tout apprendre à s’ouvrir aux autres...
- Les grands livres latins et grecs, ces solitudes Où l’éclair gronde, où luit la mer, où l’astre rit, et qu’emplissent les vents immenses de l’esprit, c’est en les pénétrant d’explication tendre, en les faisant aimer, qu’on les fera comprendre.
- Nous sommes loin du XVIIIe siècle, contraire absolu, où l’on profitait de l’esprit pour s’aimer, et de l’amour pour faire de l’esprit.
- La stupidité et la tristesse de la civilisation présente sont dues, au moins en partie, à la suppression des formes élémentaires de la jouissance esthétique dans la vie quotidienne.
- Les personnages vont jusqu’au bout de leurs impulsions, de leurs pensées. Ils atteignent par là à cette vérité générale qui est le but même du théâtre, tout en demeurant extrêmement typés et marqués par leur temps.
- La liberté et le progrès sont le but dans l’art, comme dans la vie tout entière. Si nous ne sommes pas aussi solides que les maîtres anciens, le raffinement de la civilisation a du moins élargi bien des choses.
- Les subtils sophistes grecs furent de grands agents de liberté mentale : ils enseignèrent à jouer avec les idées, à ne pas les respecter; ils nous apprirent que les idées sont faites pour les hommes et non les hommes pour les idées.
- L’Occident médiéval est né sur les ruines du monde romain. Il y a trouvé appui et handicap à la fois. Rome a été sa nourriture et sa paralysie.
- Qui pourrait imposer une charge aux autres sans en aimer le sens profond ? Ne serait-ce pas une forme de pharisaïsme ?
- L’amour a le pouvoir de transformer des individus ordinairement posés et sensés en paranoïaques obsédés par des pensées calamiteuses et millénaires.
- Il n’y a pas de liberté là où le public n’est pas assez intelligent pour aimer les opinions contradictoires. Un tel état d’esprit semble avoir existé en France vers le milieu du dix-huitième siècle : qui nous rendra ces temps sceptiques, ces temps bénis !
- Il faut aimer la vie avant d’en aimer le sens, dit Dostoïevski. Oui, et quand l’amour de vivre disparaît, aucun sens ne nous en console.
- Comment expliquer aux contemporains éminents qui, ayant toutes les raisons de se prendre au sérieux, succombent à la tentation pontifiante, qu’une autodistanciation amusée - même feinte - ajouterait à leur gloire ?
- Le vrai bonheur ne nous incline que fort rarement aux aventures de l’esprit. Les écrivains et les artistes, sans faire mention des philosophes, sont mécontents d’eux-mêmes ou du monde, à moins que ce ne soit d’eux-mêmes et du monde.