La stupidité et la tristesse de la civilisation présente sont dues, au moins en partie, à la suppression des formes élémentaires de la jouissance esthétique dans la vie quotidienne.
Sociologue, 1873-1944La stupidité et la tristesse de la civilisation présente sont dues, au moins en partie, à la suppression des formes élémentaires de la jouissance esthétique dans la vie quotidienne.
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Source vérifiée
L’Homme, cet inconnu (1935), chapitre 4
… Il est certain que l’industrie, dans sa forme actuelle, a enlevé à l'ouvrier toute originalité et toute joie.La stupidité et la tristesse de la civilisation présente sont dues, au moins en partie, à la suppression des formes élémentaires de la jouissance esthétique dans la vie quotidienne.L'activité esthétique se manifeste à la fois dans la création et la contemplation de la beauté. Elle est complètement désintéressée. On dirait que dans la jouissance artistique, la conscience sort d'elle-même et s’absorbe dans un autre être. …
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Une chose folle et qui découvre bien notre petitesse, c’est l’assujettissement aux modes quand on l’étend à ce qui concerne le goût, le vivre, la santé et la conscience.
On dirait qu’au milieu des merveilles de la civilisation moderne la personnalité humaine a une tendance à se dissoudre.
Et comme le luxe de la table et des vêtements dénote une civilisation malade ; de même le dérèglement du discours, pour peu qu’il se propage, atteste que les âmes aussi, dont le style n’est que l’écho, ont dégénéré.
La popularité est la couronne de laurier que le monde tresse à l’art médiocre.
La beauté réelle finit où commence l’expression intellectuelle. L’intelligence est, par sa nature, une sorte d’hypertrophie ; elle détruit fatalement l’harmonie d’un visage.
Si nous étions lucides, instantanément l’horreur de la vie quotidienne nous laisserait stupides.
L’érotisme, commercialement, est une chose ambiguë car si tout le monde convoite la vie érotique, tout le monde aussi la hait comme la cause de ses malheurs, de ses frustrations, de ses envies, de ses complexes, de ses souffrances.
Les grandes civilisations artistiques furent des civilisations où l’inutile était nécessaire. Dans la civilisation d’aujourd’hui, l’inutile est devenu inutile.
Une culture se doit d’être insatisfaite. Sinon elle succombe.
C’est là-dessus qu’est bâtie la civilisation, la culpabilité. C’est une émotion sous-estimée.

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