On dirait qu’au milieu des merveilles de la civilisation moderne la personnalité humaine a une tendance à se dissoudre.
Sociologue, 1873-1944On dirait qu’au milieu des merveilles de la civilisation moderne la personnalité humaine a une tendance à se dissoudre.
Sociologue, 1873-1944Partager sur
Source vérifiée
L’Homme, cet inconnu (1935), chapitre 4
… Notre vie actuelle présente un vice fondamental qui nous est encore caché. Dans les conditions nouvelles de l'existence que nous avons créée, nos activités les plus spécifiques se développent mal et de façon incomplète.On dirait qu'au milieu des merveilles de la civilisation moderne la personnalité humaine a une tendance à se dissoudre.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Perdre conscience de ce qu’on est, de ce que l’on devient, c’est en quelque sorte renaître…
La stupidité et la tristesse de la civilisation présente sont dues, au moins en partie, à la suppression des formes élémentaires de la jouissance esthétique dans la vie quotidienne.
La civilisation actuelle cache derrière une splendeur apparente un état de véritable décadence intellectuelle. Dans tous les domaines nous semblons avoir perdu les notions essentielles d’intellect, de limite, de mesure, de grade, de proportion, de relation, de condition, de lien nécessaire, de connexion entre les moyens et les résultats.
Aussi étrange que cela puisse paraître, plus on connaît quelqu’un, plus ses contours deviennent flous, comme si le temps passé ensemble effaçait ce qui le distingue de vous.
Il ne semble pas sage de vouloir pénétrer et comprendre un monde humain, sans avoir développé en soi une parfaite humanité.
Le monde des adultes m’apparaît comme un plancher sur lequel on croit pouvoir marcher, qui se révèle pourri, rongé par les termites du mensonge et du vice.
L’humanité projette inconsciemment son désir de survivre dans la chimère des choses jamais connues, mais cette chimère ressemble à la mort.
On peut donc dire en un sens que tout type est un type négatif. Le caractère est comme le dessin de l’échec de la personnalité. Nous ne sommes typiques que dans la mesure où nous manquons à être pleinement personnels.
C’est au déclin de la vie qu’on en revient tristement à aimer le simple et l’innocent, désespérant du sublime.
La virilité se perd en révérences, le courage en civilités, et les hommes ne sont plus que des parleurs.

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