C’est au déclin de la vie qu’on en revient tristement à aimer le simple et l’innocent, désespérant du sublime.
Romancier, 1783-1842 Image : Olof Johan Södermark, Domaine public, Wikimedia Commons C’est au déclin de la vie qu’on en revient tristement à aimer le simple et l’innocent, désespérant du sublime.
Romancier, 1783-1842 Image : Olof Johan Södermark, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Stendhal - De l’amour, II, 1927, éd. Martineau (1822), Fragments divers, 67
Le texte original diffère de quelques mots.
… Il se déclare rarement pour une jeune fille douce, aimable, innocente. Comment trembler, adorer, se sentir en présence d’une divinité? Un adolescent a besoin d’aimer un être dont les qualités l’élèvent à ses propres yeux.C’est au déclin de la vie qu’on en revient tristement à aimer le simple et l’innocent, désespérant du sublime.Entre les deux, se place l’amour véritable, qui ne pense à rien qu’à soi-même.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
C’est là, dans le va-et-vient des jours et le fouillis des non-dits, que la vie perd le sens des choses profondes et se réfugie dans le superficiel et le faux-semblant.
À mesure qu’une âme s’enfonce dans la dévotion, elle perd le sens, le goût, le besoin, l’amour de la réalité.
Au fond, au fond même de la vie, qui nous séduit tous, il n’y a que de l’absurdité, et encore de l’absurdité. Et c’est peut-être cela qui nous donne notre joie de vivre, car la seule chose qui peut vaincre l’absurde, c’est la lucidité.
Mais voici le plus atroce : l’art de la vie consiste à cacher aux personnes les plus chères la joie que l’on a à être avec elles, sinon on les perd.
La vie quotidienne, si elle est sans compréhension, vous poussera à passer à côté de l’amour, de la beauté, de la mort.
Etre joyeux, c’est être un fou en liberté dans un monde de tristesse et de fantômes…
La misère, c’est aussi la laideur et la conscience de l’inutilité d’être !
Ce qui abat, ce qui accable, ce qui détruit irrémédiablement l’âme, c’est la médiocrité de la douleur et de la joie, la souffrance égoïste et mesquine.
Quand on aime à la folie, l’éclair nous foudroie ; la passion nous consume doucement, en ne laissant à notre vie que les cendres de notre amour.
Plus la vie est agréable et douce et enchanteresse, plus horrible est l’idée de la perdre. Et c’est ainsi que se corrompent les cultures et que viennent les décadences.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.