À mesure qu’une âme s’enfonce dans la dévotion, elle perd le sens, le goût, le besoin, l’amour de la réalité.
Écrivain, 1869-1951 Image : Ottoline Morrell (1873-1938), Domaine public, Wikimedia Commons À mesure qu’une âme s’enfonce dans la dévotion, elle perd le sens, le goût, le besoin, l’amour de la réalité.
Écrivain, 1869-1951 Image : Ottoline Morrell (1873-1938), Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Les Faux-monnayeurs (1925), partie 1, chapitre 12
«À mesure qu’une âme s’enfonce dans la dévotion, elle perd le sens, le goût, le besoin, l’amour de la réalité.J’ai également observé cela chez Vedel, si peu que j’aie pu lui parler. L’éblouissement de leur foi les aveugle sur le monde qui les entoure, et sur eux-mêmes. …
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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L’inquiétude, où s’inscrit l’intolérable décalage entre la réalité et la vie rêvée, cherche sur les quais de départ, dans des amours impossibles, au bistrot, la route des grandes évasions. Mais cette âme entraînée est une âme qui rebondit.
Notre âme, peut-on dire aussi, n’est point oisive quand la vertu l’abandonne ; elle produit des fictions, des romans, des satires, des vers.
Il n’y a rien de bon que les plaisirs des sens. Ô quand une fois on a perdu le goût des plaisirs de l’âme, qu’il est difficile de le reprendre !
L’âme est le goût de l’absolu donc de la perte – la pelote de lumière lancée violemment contre le haut mur de la mort, et les rebonds qu’elle fait dans la pensée.
Un corps chétif affaiblit l’âme.
Lorsqu’on a pénétré le fond des choses, la perte des illusions amène la mort de l’âme, c’est-à-dire un désintéressement complet sur tout ce qui touche et occupe les autres hommes.
N’est-ce pas le destin des âmes qui s’aiment que de se déchirer ?
L’âme et la vie intérieure, c’est ce qu’il y a de plus profond et donc de plus difficile à exprimer. C’est inépuisable. On ne se voit pas tel que Dieu nous voit.
Si tu veux éprouver le bonheur d’aimer, oublie ton âme.
C’est l’âme qui gâte l’amour.
En Dieu seul elle peut trouver stisfaction,
Non, dans une autre âme
En Dieu seul – ou hors du monde.
Car une âme imparfaite aspire à être guérie : dans une époque profane, nous avons besoin que l’inconnu nous complète, quand nous n’avons pas la force de nous compléter nous-mêmes.

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