Notre âme, peut-on dire aussi, n’est point oisive quand la vertu l’abandonne ; elle produit des fictions, des romans, des satires, des vers.
Écrivain · 1712-1778 Image : Maurice Quentin de La Tour · Domaine public · Wikimedia Commons Notre âme, peut-on dire aussi, n’est point oisive quand la vertu l’abandonne ; elle produit des fictions, des romans, des satires, des vers.
Écrivain · 1712-1778 Image : Maurice Quentin de La Tour · Domaine public · Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Discours sur les sciences et les arts (1750), Réponse à M. Bordes
… « La terre abandonnée sans culture n’est point oisive; elle produit des poisons, elle nourrit des monstres. » Voilà ce qu’elle commence à faire dans les lieux où le goût des arts frivoles a fait abandonner celui de l’agriculture.Notre âme, peut-on dire aussi, n’est point oisive quand la vertu l’abandonne; elle produit des fictions, des romans, des satires, des vers; elle nourrit des vices.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
À mesure qu’une âme s’enfonce dans la dévotion, elle perd le sens, le goût, le besoin, l’amour de la réalité.
N’est-ce pas le destin des âmes qui s’aiment que de se déchirer ?
Car une âme imparfaite aspire à être guérie : dans une époque profane, nous avons besoin que l’inconnu nous complète, quand nous n’avons pas la force de nous compléter nous-mêmes.
La santé de l’âme n’est pas plus assurée que celle du corps ; et quoique l’on paraisse éloigné des passions, on n’est pas moins en danger de s’y laisser emporter que de tomber malade quand on se porte bien.
Une grande âme est au-dessus de l’injure, de l’injustice, de la douleur, de la moquerie ; et elle serait invulnérable si elle ne souffrait par la compassion.
L’inquiétude, où s’inscrit l’intolérable décalage entre la réalité et la vie rêvée, cherche sur les quais de départ, dans des amours impossibles, au bistrot, la route des grandes évasions. Mais cette âme entraînée est une âme qui rebondit.
La poésie contient la philosophie comme l’âme contient la raison.
On ne se tue point pour les douleurs de la goutte ; il n’y a guère que celles de l’âme qui produisent le désespoir.
Une œuvre d’art, c’est le moyen d’une âme.
C’est assurément ne pas connaître le cœur humain, que de penser qu’on ne peut le remuer par des actions.

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