Ce qui abat, ce qui accable, ce qui détruit irrémédiablement l’âme, c’est la médiocrité de la douleur et de la joie, la souffrance égoïste et mesquine.
Écrivain, 1866-1944Ce qui abat, ce qui accable, ce qui détruit irrémédiablement l’âme, c’est la médiocrité de la douleur et de la joie, la souffrance égoïste et mesquine.
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Source vérifiée
La Foire sur la place (1908), partie I, chapitre 1
Les cœurs vulgaires ne peuvent comprendre le bienfait, pour un malheureux, de cette tristesse sans bornes. Toute grandeur est bonne, et le comble de la douleur atteint à la délivrance.Ce qui abat, ce qui accable, ce qui détruit irrémédiablement l’âme, c’est la médiocrité de la douleur et de la joie, la souffrance égoïste et mesquine, sans force pour se détacher du plaisir perdu, et prête secrètement à tous les avilissements pour un plaisir nouveau. Christophe était ranimé par l’âpre souffle, qui montait du vieux livre: le souffle du Sinaï, des vastes solitudes et de la mer puissante, balayait les miasmes. La fièvre de Christophe tomba. Il se recoucha, plus calme, et il dormit d’un trait jusqu’au lendemain. …
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De quelque désespoir qu’une âme soit atteinte, la douleur est toujours moins forte que la plainte.
Une grande âme est au-dessus de l’injure, de l’injustice, de la douleur, de la moquerie ; et elle serait invulnérable si elle ne souffrait par la compassion.
Le bonheur d’une âme sensible est altéré par l’aspect de la plus légère souffrance, c’est pour elle le pli de rose du Sybarite.
Souffrir est absurde et laid. Toute souffrance est un désordre… Mieux vaut s’accommoder des choses ou les briser que de pleurer à la lune. Est-il besoin, pour un homme, d’avoir une compagne effacée, sentimentale et sans volonté, pour être heureux ?
La haine, la rancœur, la vengeance sont des sentiments dangereux, qui nuisent à la paix du cœur et de l’ âme.
La santé de l’âme n’est pas plus assurée que celle du corps ; et quoique l’on paraisse éloigné des passions, on n’est pas moins en danger de s’y laisser emporter que de tomber malade quand on se porte bien.
La douleur morale est plus cuisante que la douleur physique ; l’ennui, la séparation, sont des maux capables de causer les pires ravages, même chez les personnes les plus plus fortes.
Ton chagrin n’est qu’une joie et ton malheur est un bonheur à côté du mal qui me ronge et me détruit. Quand on est habitué à vivre dans le plaisir et la joie, un petit malheur semble plus insupportable qu’à quelqu’un d’un peu endurci par la vie.
Il y a une bonté qui assombrit la vie, une bonté qui est tristesse, que l’on appelle communément pitié.
Toute souffrance est causée par l’ignorance. Les gens infligent des souffrances aux autres dans la poursuite égoïste de leur bonheur ou de leur satisfaction.

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