Le monde des adultes m’apparaît comme un plancher sur lequel on croit pouvoir marcher, qui se révèle pourri, rongé par les termites du mensonge et du vice.
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- C’est à ceux que notre société rejette, les cassés, les tordus, les handicapés, les anormaux, que je dois la vie.
- Aujourd’hui, l’ennui est sidéral : c’est l’ennui de tout pouvoir faire, de jouir de tout, d’avoir parcouru tout l’espace et d’être au point inerte autour duquel tout tourne.
- Il faut toujours concevoir comment, dans toutes les dynamiques, on est dominants quelque part, et comment on doit se remettre en question soi-même. Refuser de voir cela, c’est s’accrocher à un pouvoir morbide.
- Tout notre mal vient de ne pouvoir être seuls : de là le jeu, le luxe, la dissipation, le vin, les femmes, l’ignorance, la médisance, l’envie, l’oubli de soi-même et de Dieu.
- Je me découvre un jour dans un monde où les choses font mal; un monde où l’on me réclame de me battre; un monde où il est toujours question d’anéantissement ou de victoire.
- Tout le monde s’habitue. C’est dans la nature humaine. On s’habitue à voir l’inhabituel, on s’habitue à vivre des choses dérangeantes, on s’habitue à voir des gens souffrir, on s’habitue nous-mêmes à la souffrance. On s’habitue à être prisonniers de notre propre corps. On s’habitue, ça nous sauve.
- Peu de choses dans ma vie m’ont effectivement passionné davantage que l’aspect pénal de notre monde. Si nous considérons cet aspect pénal de notre monde, c’est-à-dire de notre société, nous avons, comme on dit, de quoi nous étonner chaque jour.
- Le monde n’est qu’un vaste mensonge, un bouquet de douleurs, un complot contre la vie, un funeste complot contre la liberté et la justice.
- En déchirant mon enfance je touche à celle des autres. Comme l’âge d’or, dont on prétend qu’il se trouve derrière nous, le paradis se confond avec les limbes.
- Et comme le luxe de la table et des vêtements dénote une civilisation malade; de même le dérèglement du discours, pour peu qu’il se propage, atteste que les âmes aussi, dont le style n’est que l’écho, ont dégénéré.
- On dirait qu’au milieu des merveilles de la civilisation moderne la personnalité humaine a une tendance à se dissoudre.
- La vie en soi, pour elle-même, n’est pas sacrée : il faudra bien s’habituer à cette terrible nudité métaphysique.
- C’est là, dans le va-et-vient des jours et le fouillis des non-dits, que la vie perd le sens des choses profondes et se réfugie dans le superficiel et le faux-semblant.
- C’est si doux, les vieilles habitudes, même celles qui vous oppriment. Plutôt un malheur familier que ces nouveautés insolites, et cet effort encore pour comprendre, lorsqu’on atteint, rompu, la fin de la journée.