Biographie courte et informations sur Simone Weil
Simone Weil est née le 3 février 1909 à Paris, dans une famille juive alsacienne. Brillante élève au lycée Fénelon, elle se passionne tôt pour la philosophie et la justice sociale. Dès 1931, elle enseigne et s’engage aux côtés des ouvriers, cherchant à comprendre leur condition par l’expérience concrète. Militante syndicale et proche des mouvements révolutionnaires, elle refuse toute adhésion politique stricte. Influencée par la pensée grecque et la spiritualité chrétienne, elle développe une quête intense de vérité et de charité, tout en dénonçant le nazisme. Fragile de santé, elle traverse une existence intense et douloureuse. Elle s’éteint le 24 août 1943 à Ashford, en Angleterre, à 34 ans.
- La civilisation actuelle cache derrière une splendeur apparente un état de véritable décadence intellectuelle. Dans tous les domaines nous semblons avoir perdu les notions essentielles d’intellect, de limite, de mesure, de grade, de proportion, de relation, de condition, de lien nécessaire, de connexion entre les moyens et les résultats.
- L’amour est un pari sur l’infini dans un monde fini.
- Dans le domaine de l’intelligence, la vertu d’humilité n’est pas autre chose que le pouvoir d’attention.
- C’est un grand danger d’aimer Dieu comme un joueur aime le jeu.
- Entre deux hommes qui n’ont pas l’expérience de Dieu, celui qui le nie en est peut-être le plus près.
- On peut, si on veut, ramener tout l’art de vivre à un bon usage du langage.
- Argent, machinisme, algèbre; les trois monstres de la civilisation actuelle.
- Aimer un être, c’est tout simplement reconnaître qu’il existe autant que vous.
- Après l’écroulement de notre civilisation, de deux choses l’une : ou elle périra tout entière comme les civilisations antiques, ou elle s’adaptera à un monde décentralisé. Il dépend de nous, non pas de briser la centralisation, mais de préparer l’avenir.
- L’amitié doit être une joie gratuite comme celles que donnent l’art, ou la vie.
- On dit souvent que la force est impuissante à dompter la pensée; mais pour que soit vrai, il faut qu’il y ait pensée. Là où les opinions irraisonnées tiennent lieu d’idées, la force peut tout.
- Désirer échapper à la solitude est une lâcheté. L’amitié ne se recherche pas, ne se rêve pas, ne se désire pas; elle s’exerce.
- Le travail physique consenti est, après la mort consentie, la forme la plus parfaite de la vertu d’obéissance.
- Je n’aime pas la guerre; mais ce qui m’a toujours fait le plus horreur dans la guerre, c’est la situation de ceux qui se trouvent à l’arrière et bavardent de ce qu’ils ignorent.
- Dieu ne peut être présent dans la création que sous la forme de l’absence.
- L’amour est une chose divine. S’il entre dans un coeur humain, il le brise. Le coeur humain a été créé pour être ainsi brisé. C’est le plus triste des gaspillages, quand il est brisé par autre chose.
- L’amour est un signe de notre misère. Dieu ne peut aimer que soi. Nous ne pouvons aimer qu’autre chose.
- De même il faut aimer beaucoup la vie pour aimer encore davantage la mort.
- La beauté séduit la chair pour obtenir la permission de passer jusqu’à l’âme.
- Ce qui permet de contempler la nécessité et de l’aimer, c’est la beauté du monde. Sans la beauté ce ne serait pas possible.
- Le peuple a besoin de poésie comme de pain. Non pas la poésie enfermée dans les mots; celle-la, par elle-même, ne peut lui être d’aucun usage. Il a besoin que la substance quotidienne de sa vie soit elle-même poésie.
- Une très belle femme qui regarde son image au miroir peut très bien croire qu’elle est cela. Une femme laide sait qu’elle n’est pas cela.
- La pureté est le pouvoir de contempler la souillure.