De même il faut aimer beaucoup la vie pour aimer encore davantage la mort.
Écrivaine, 1909-1943De même il faut aimer beaucoup la vie pour aimer encore davantage la mort.
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La Pesanteur et la Grâce (1947), chapitre 16
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Aimer la vie c’est repousser les êtres qui veulent mourir.
Qui aime la mort aime la vie.
La tendresse inspirée par la mort fait aimer les vivants qui l’éprouvent.
Notre amour c’est l’amour de la vie, le mépris de la mort.
Pour bien aimer une vivante, il faut l’aimer comme si elle devait mourir demain.
La capacité d’aimer c’est le secret de la vie. Tant que l’on peut aimer, aimer véritablement, un autre humain, la mort attend son heure. C’est seulement quand la capacité d’aimer cesse que la mort se rapproche.
À quoi serviraient les morts, sinon à aimer les vivants davantage ?
La vie est la seule chose au monde pour laquelle il vaille la peine de mourir. Et quand j’y pense, l’amour est la seule chose qui nous permette de mériter pleinement la mort.
Nous vivons dans un monde où l’enterrement est plus important que la mort, le mariage plus que l’amour et le corps plus que l’intellect.
À quoi ça sert d’aimer, quand c’est pas réciproque, sinon à se pourrir la vie ?

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