Les grands livres latins et grecs, ces solitudes Où l’éclair gronde, où luit la mer, où l’astre rit, et qu’emplissent les vents immenses de l’esprit, c’est en les pénétrant d’explication tendre, en les faisant aimer, qu’on les fera comprendre.
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- Le livre en ta pensée entre, il défait en elle Les liens que l’erreur à la vérité mêle, car toute conscience est un noeud gordien. Il est ton médecin, ton guide, ton gardien. Ta haine, il la guérit; ta démence, il te l’ôte.
- Tu es l’idée qui me gonfle le coeur, l’image délicate et lumineuse qui charme mes jours et qui trouble mes rêves... La beauté que je contemple dans la sphère idéale... L’émanation, le magnétisme, le sourire, le regard nécessaire à ma pensée et à ma vie.
- Tout grand écrivain frappe la prose à son effigie.
- A Rome, les gens semblent aimer avec plus d’entrain, tuer avec plus d’imagination, se soummettre aux besoins créateurs plus souvent, et perdre le sens de la logique plus facilement que nulle part ailleurs.
- Aimer, c’est vivre dangereusement. L’Italien de la Renaissance risquait naturellement l’amour, comme il risquait le poison ou le coup de dague; il savait aimer avec audace, méfiance et secret.
- Ce vice littéraire qui consiste à se forcer à aimer ce qu’on se croit obligé d’admirer.
- Aimez et souffrez, espérez et contemplez. Malheur, hélas ! à qui n’aura aimé que des corps, des formes, des apparences ! La mort lui ôtera tout. Tâchez d’aimer des âmes, vous les retrouverez.
- Il y a des genres de poésie où non seulement les Latins ne nous ont point surpassés, mais qu’ils n’ont pas même connus, comme, par exemple, ces poèmes en prose que nous appelons romans, et dont nous avons chez nous des modèles qu’on ne saurait trop estimer, à la morale près qui est fort vicieuse, et qui en rend la lecture dangereuse aux jeunes personnes.
- La joie d’écrire est aussi celle d’inventer son genre, sa méthode. Et dans toute vie, celle d’Esther par exemple, on ne peut pas séparer l’amour, la crainte, l’apprentissage, la violence, la tendresse, l’espérance, le roman doit pouvoir intégrer des lignes aussi contradictoires.
- La littérature est un refuge. Elle a approfondi ma vision du monde. Les livres m’ont dit des choses que ne me disaient pas les vivants. En ce sens, elle m’a donné une leçon de morale artistique. Je luis dois ça, une conscience morale.
- Les poètes cherchent les belles. La femme, ange aux chastes faveurs, aime à rafraîchir sous ses ailes Ces grand fronts brûlants et rêveurs.
- Les Italiens, depuis des siècles, aiment la musique avec transport. Le Dante dans le poème du Purgatoire rencontre un des meilleurs chanteurs de son temps; il lui demande un de ses airs délicieux, et les âmes ravies s’oublient en l’écoutant jusqu’à ce que leur gardien le rappelle.
- Que ton vers soit la bonne aventure - Eparse au vent crispé du matin - Qui va fleurant la menthe et le thym... - Et tout le reste est littérature.
- Les livres sont des chapelets d’encre noir, chaque grain roulant entre les doigts, mot après mot. Et c’est quoi, au juste, prier. C’est faire silence. C’est s’éloigner de soi dans le silence.
- Aimez l’amour qui joue au soleil des peintures, sous l’azur de la Grèce, autour de ses autels, et qui déroule au ciel la tresse et les ceintures, ou qui vide un carquois sur des coeurs immortels.